lundi 13 février 2012

C'est lundi, que lisons-nous (33)

Lu durant la semaine du 13 au 19 février
Ou quand Margotte se met à la littérature jeunesse... et trouve que l'hiver a du bon !

- 22 ! de Marie-Aude Murail. Une excellente surprise !


- Les enfants rats de Françoise Jay. Et encore une excellente surprise !


Mes lectures en cours
Un polar nordique (le climat ici s'y prête : - 12 ce matin...).


Ce que je vais lire cette semaine…
Sans doute La liseuse de P. Fournel et bien d'autres choses :-))
Et vous, que lisez-vous ????

dimanche 12 février 2012

vendredi 10 février 2012

Départ !

Château de Lamartine (photo de P. Mignot)


Je pars aujourd'hui en direction de la Bourgogne... non loin du "château des Illustres" (photo ci-dessus). Je suis à peu près aussi excitée d'une gamine de 4 ans à l'idée de monter enfin dans la voiture : il semblerait que j'ai un peu besoin de vacances loin de mon bureau et de mes piles qui ne cessent de grossir (Adrienne, je pense à toi...) ;-) J'ai emporté avec moi de nombreux livres (trop, mais cela va me permettre de choisir une fois sur place). Je vais disposer d'un ordinateur durant les premiers jours, je vais donc pouvoir assouvir mon addiction au blog... et vous proposer, si vous êtes très très sages, quelques photographies (j'espère bien voir les vignes sous la neige !). Je vous souhaite à tous et toutes une excellente fin de semaine et un bon we !

Tableau de Michel Florent Pagès

mercredi 8 février 2012

L'écriture comme un couteau d'Annie Ernaux


Comme le précise le sous-titre de cette première de couverture, ce livre nous propose un entretien entre Frédéric-Yves Jeannet et Annie Ernaux. L'édition originale a été publiée en 2003, mais cette nouvelle édition ajoute une postface rédigée par l'écrivaine. Cette dernière et J. Y. Jeannet ont entretenu une correspondance de six ans. Puis, pendant un an, ils se sont envoyés des courriels sur l'entreprise d'écriture commencée il y a maintenant 30 ans. "Ce qui assemble les phrases de mes livres, en choisit les mots, c'est mon désir, et je ne peux l'apprendre aux autres puisqu'il m'échappe à moi-même.".
Le premier chapitre, "En partance", pose l'objectif de la démarche : entreprendre une "exploration des modalités et des circonstances de l'écriture." Annie Ernaux évoque ensuite, dans les deux chapitres suivants, ce qui va la conduire à une écriture de plus en plus éloignée de la fiction. Je passage au "Je" accompagne la transition vers une écriture qu'elle qualifie de "clinique", que d'autres nomment "blanche", ou "plate". Seule cette écriture peut retranscrire la douleur de la déchirure sociale née du changement de classe sociale pour cette femme ayant évolué jusqu'à 18 ans dans le milieu des paysans et des ouvrirers, avant de trahir et de passer dans le monde des enseignants. La violence de cette immigration forcée prend sa forme dans le dépouillement des phrases qui refusent toute métaphore et se calquent sur la violence d'un monde "dur", celui des catégories dites populaires.
J'ai lu ce livre avec un intérêt continu. Intérêt pour la démarche, beaucoup plus politique qu'elle n'en a l'air, et bien sûr intérêt pour l'analyse de la naissance de l'écriture. Annie Ernaux évoque ici les livres fondateurs pour elle : la découverte du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir à 18 ans, mais aussi Une vie de Maupassant, Les Vagues de Virginia Woolf, Proust et les Confessions de Rousseau. Comme j'adore lire sur les "bibliothèques intérieures", cela ne pouvait que me plaire !...
"Je me souviens de cette expérience de lecture, dans un mois d'avril pluvieux, comme d'une révélation. Tout ce que j'avais vécu les précédentes années dans l'opacité, la souffrance, le mal-être, s'éclaircissait brusquement. De là me vient, je crois, la certitude que la prise de conscience, si elle ne résout rien en elle-même, est le premier pas de la libération, de l'action. (L'une des phrases de Proust qui me vient souvent, c'est "là où la vie emmure, l'intelligence perce une issue.").

Cette réédition fait suite à la belle édition de l'anthologie Ecrire la vie chez Quarto, associée à celle de l'Atelier noir dont j'ai déjà parlé ici.

mardi 7 février 2012

Pendu fuit

Vous regrettez des livres perdus ? Vous l'avez souvent juré : "Jamais, plus jamais je ne prêterai un livre auquel je tiens". Vous maudissez celui ou celle qui a perdu (ou gardé...) un livre que vous adoriez... Et bien... le problème ne date pas d'hier, la preuve par le dessin :


Dessin qui s'accompagne du texte suivant :
"Videsne Pierrot pendu
Qui hunc librum n’a pas rendu ?
Si Pierrot reddidisset
Pendu non fuisset !
Sed quia non reddidit
Pendu fuit…"

J'ai trouvé cela sur le passionnant blog "A la toison d'or", c'est ICI.

lundi 6 février 2012

C'est lundi, que lisons-nous (32)

Lu durant la semaine du 30 janvier au 5 février

- Alfred de Musset, Les fantaisies d'un enfant du siècle de Sylvain Léda


- Alfred de Musset, Il ne faut jurer de rien 

- Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour


- Théophile Gautier, Le roman de la momie (commencé il y a déjà quelques semaines et enfin terminé, entre deux proverbes de Musset...).

Mes lectures en cours

Et bien... rien ! Incroyable non ? Me voilà fort dépourvue alors que le froid jusqu'à moi est venu...

Ce que je vais lire cette semaine…

Aucune idée. J'ai bien la Confession d'un enfant du siècle qui m'attend mais je n'ai pas trop envie de le commencer maintenant. A suivre...

Et vous, que lisez-vous ????

dimanche 5 février 2012

Les dimanches en photo (37) - Jour de neige ou spirite

Enfin, je reviens vous proposer un dimanche en photo... La journée s'y prête puisque la neige est tombée durant la nuit et qu'en Bretagne, il s'agit d'un phénomène suffisamment rare pour être souligné, commenté, discuté... ;-)

Au réveil, j'aime (surtout lorsque je ne travaille pas...)
Pas besoin de rouler en vélo : ouf !
C'est pas beau la neige, la nuit ?

Qui a dit que les fantômes, cela n'existe pas ? Cette photographie est garantie 100% sans trucage... Alors, c'est pas beau la neige, la nuit ? Bon dimanche à tous, avec ou sans neige !

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

samedi 4 février 2012

Philipok de Léon Tolstoï, illustré par Gennady Spirin




Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un album... J'ai immédiatement été attirée par celui-ci, à cause de l'association du nom de Tolstoï à l'illustration toute hivernale de la première de couverture. Le côté un peu désuet du dessin, mais aussi son aspect "tableau", invitent à la lecture.
Mais qui donc est Philipok ? Un petit garçon russe, encore trop jeune pour aller à l'école. Alors que son grand frère Pierre part tous les matins apprendre des choses nouvelles, lui doit rester avec sa grand-mère qui tricote au coin du feu. Mais un jour, alors que la mère grand s'est endormie, l'enfant se coiffe de sa chapka et se dirige vers l'école, à l'autre bout du village. La neige tombe à gros flocons et sur le chemin, il est vite suivi par les chiens des voisins...
Si vous voulez savoir comment se termine l'expédition du petit garçon, il vous faudra lire cet album publié par les éditions Les petits Gautier (format poche à petit prix...). J'ai pris grand plaisir à découvrir cette petite histoire pour enfants de Tolstoï, traduite dans un style proche du texte russe original nous dit l'éditeur. Mais surtout, j'ai pris grand plaisir à regarder tomber les flocons des illustrations hivernales de Gennady Spirin. Cet illustrateur est né près de Moscou et cette histoire était l'une de ses préférées lorsqu'il était enfant... cela se sent dans ces dessins si doux, qui collent merveilleusement bien au texte !

Cette lecture prend tout naturellement sa place dans le challenge des quatre saisons organisé par Nadaël, dans la catégorie de l'hiver ;-)


mercredi 1 février 2012

Polina de Bastien Vivès

http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_124018.jpg
Attention ! Ne vous fiez pas à ce simple dessin en noir en blanc qui illustre la première de couverture ! Cette bande dessinée est une perle... Et encore une fois, c'est grâce à une bibliothèque que j'ai fait cette découverte. On ne dira jamais assez combien les bibliothèques sont des lieux magiques...
Comme le montre bien cette image sur la couverture, il s'agit d'une histoire de danseuse. Le récit s'ouvre alors que la petite Polina Oulinov va passer une audition. Elle est tétanisée de peur devant le professeur Bojinski, un grand monsieur barbu qui doit devenir son professeur de danse si elle est retenue après cette sélection. La bande dessinée déroule ensuite son histoire jusqu'à l'âge adulte. Tout en suivant les mésaventures de Polina qui devient une femme, on entre dans le milieu de la danse. Les entraînements, la douleur, les moments de grâce aussi, c'est tout l'univers de cet art exigeant qui s'offre à nos yeux.
Cette lecture fut vraiment une agréable surprise. En effet, un simple dessin en noir et blanc peut-il retranscrire la beauté de la danse ? Ce livre prouve que c'est possible. Ce dessin très simple, épuré, parfois même tracé sans aucun détail permet de se centrer sur l'essentiel. L'oeil se concentre sur certains détails, souvent une attitude, ou un simple geste. On suit les courbes et les mouvements, comme on regarde une danseuse... Le blanc, le noir et les gris suffisent à créer une atmosphère dans laquelle on entre avec délice. 

Non seulement les deux cents pages se lisent avec avidité mais en plus, Bastien Vivès nous propose une vraie réflexion sur l'art en général. Que doit-on lui sacrifier ? Quels choix à faire ? Quelle place occupent les maîtres dans la transmission de savoirs liés à une discipline artistique ? Et toutes ces questions se posent avec grâce et légèreté, dans un livre composé tout en finesse. Un travail délicat pour un très très bon moment de lecture !



Vous pouvez aussi entendre Bastien Vivès à la fin de cet article du Point.