dimanche 30 septembre 2012

L'image du dimanche (2) - Pantagruélion

La Devinière (maison de Rabelais) - Août 2012
Les lecteurs de Rabelais savent que ce dernier a vanté, dans les cinq livres qui nous content les mésaventures de Pantagruel, les douces vertus des plantes. Cet été, la maison natale de Rabelais proposait donc une exposition loufoque à souhait sur l'herbier imaginaire de l'écrivain dans lequel on trouve, entre autres, le "pantagruélion", plante à mi-chemin entre le chanvre et le lin. Située dans les caves troglodytiques, elle ne pouvait trouver site plus adapté ! Au frais, seule dans les différentes pièces, j'ai ainsi pu me laisser aller à quelques songes drolatiques...

Dominique Spiessert

samedi 29 septembre 2012

Les challenges du bruit des pages... des nouvelles !

Enfin je trouve un moment pour venir faire une petite mise au point concernant les deux challenges que j'organise ici... Le challenge Colette aurait dû prendre fin le 23 septembre mais comme je n'arrive pas à me résoudre à le terminer, je le prolonge d'un an ! Vous avez donc une année supplémentaire pour vous adonner à votre passion la plus coupable : la lecture des oeuvres de Colette....


FIN DU "CHALLENGE COLETTE" LE 23 SEPTEMBRE 2013

Concernant le challenge Maupassant, comme je suis en retard (un comble pour l'organisatrice du challenge...), je le prolonge jusqu'à la fin de l'année 2012... il vous reste donc trois mois pour lire et/ou relire le "jeune poulain échappé"...


FIN DU "CHALLENGE MAUPASSANT" LE 31 DECEMBRE 2012

J'en profite pour vous souhaiter un excellent we :-)

vendredi 28 septembre 2012

Les enfants rats de Françoise Jay


Voilà un livre de science-fiction jeunesse qui m'a réservé une excellente surprise ! Françoise Jay a imaginé un monde chaotique où des milliers d'enfants abandonnés errent dans les égouts. Sous la terre, ils ont recréé un monde où règne la loi du plus fort. Ils vivent en hordes et leur quotidien se résume à la survie. Ils volent, se battent et fuient la police qui parfois rafle certains d'entre eux pour les emmener on ne sait trop où. On ne les revoit jamais... Irielle, l'héroïne de cette histoire, est arrivée dans les égoûts à dix ans. Âgée de dix-sept ans, elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a sauvé alors qu'il était nouveau-né. Elle l'a récupéré dans une poubelle ! Si elle vit sous la terre, sa mémoire a gardé des traces de ses parents et de la civilisation. Elle apprend donc à lire à Jode, tout en refusant la loi sauvage des enfants-rats avec lesquels elle évite absolument tout contact. Mais alors que le printemps arrive, deux rencontres vont bouleverser la vie des deux enfants... Un bon livre de SF. L'intrigue est rondement menée, le suspense souvent présent, et, ce qui ne gâte rien, il s'en dégage une vraie réflexion sur le sens des valeurs morales... A conseiller de 7 à 77 ans !
"Ils avaient fait surface par l'immeuble le plus isolé du quartier nord. Une petite bruine enveloppait la rue déserte d'un froid humide. Les lampadaires venaient de s'éteindre et le jour perçait faiblement. La horde resta groupée, attendant la consigne de son chef. (...) 
Presque aussitôt, il y eut un cri terrible. Une cohorte de flics chargeait au pas de course. Les enfants-rats détalèrent. Les plus âgés refluèrent vers l'égout. Mais les plus juenes, paniqués, se jetèrent dans les mailles du filet. Déjà, les flics embarquaient trois d'entre eux."

dimanche 9 septembre 2012

vendredi 7 septembre 2012

4 nouvelles normandes de Guy de Maupassant

   
   Ce petit livre destiné aux adolescents (le dossier est rédigé pour eux) est arrivé par miracle dans mon casier à la fin de l'année scolaire. Et oui, le mois de juin nous réserve aussi de bonnes surprises ! Il propose les quatre nouvelles "normandes" suivantes : Histoire d'une fille de ferme, Le Père Milon, La Ficelle et Le rosier de Mme Husson. Mais aussi, en prime, en "lecture supplémentaire", l'une de mes nouvelles favorites de Maupassant, Pierrot.

- Histoire d'une fille de ferme 
Rose, une vaillante et gironde servante travaille durement pour son maître, un veuf prospère. Elle va bientôt être séduite par Jacques, un garçon de ferme, qui va l'abandonner lorsqu'elle lui annonce sa grossesse. La servante cache son ventre arrondi et réussit à confier l'enfant à des proches, dans un village voisin. Alors qu'elle travaille de plus en plus dur afin de pourvoir aux besoins de son fils, le maître de la ferme lui propose de l'épouser au lieu de l'augmenter. Rose, honteuse de son statut de fille-mère, accepte sans savoir ce que l'avenir lui réserve...

Photographie du film avec Marie Kremer (2007)
- Le père Milon et La ficelle
Ces deux nouvelles ont un point en commun. Elles décrivent le comportement d'un homme qui, par avarice, va se retrouver dans une situation bien embarrassante. Si La ficelle présente une forte tonalité humoristique, Le père Milon, histoire d'un paysan normand durant la guerre de 1870, est un texte noir et cruel comme Maupassant savait les faire...

- Le rosier de Madame Husson
Je ne connaissais pas cette nouvelle, plutôt truculente, qui vaut le détour. Il s'agit de l'histoire d'Isidore, un jeune homme naïf qui va voir sa vertu récompensée par la reconnaissance de tous, mais aussi par une coquette somme d'argent. Le narrateur, Raoul Aubertin, est un Parisien qui, suite à un accident de train, séjourne à Gisors en Normandie, où il retrouve un ancien camarade. Celui-ci lui fait le récit de l'aventure d'Isidore, élu "rosier" de l'année grâce à Madame Husson. Mais cette élection de rosière au masculin va se terminer d'une bien drôle de manière...
Ce recueil propose une bonne association de nouvelles liées par le thème de la Normandie chère à Maupassant. On y trouve également, omniprésents, les paysans normands et l'avarice qui, ici, mène à de bien sordides extrémités... Le dossier de présentation du recueil convient bien à un public adolescent. Il y a également de nombreuses "images" tirées de films, de tableaux ou d'illustrations des recueils de l'auteur. Seule ombre au tableau, dans le dossier de présentation de Maupassant, l'interview fictive fait dire à l'auteur "La mort me terrifie et la folie, héréditaire (sic !!! c'est moi qui raye !) dans ma famille, me guette." !!! 


mercredi 5 septembre 2012

Barbe bleue d'Amélie Nothomb


Billet expresso - stop - dernier roman d'Amélie Nothomb lu - stop - réécriture de conte - stop - toujours aussi court - stop - toujours aussi vite digéré - stop - top modernité - stop - phrases courtes - stop - histoire de coloc - stop - héroïne belge - stop - femmes de Barbe bleue congelées - stop - 50 % de dialogues - stop - un peu de mythologie pour assaisonner le tout - stop - ponctuation parfois hasardeuse - stop - mais que font les relecteurs ? - stop - j'ai encore faim ! - stop - l'an prochain, je change de menu - STOP !

lundi 3 septembre 2012

C'est lundi, que lisons-nous ? (44)

Le rendez-vous se trouve chez Galleane
Lu durant la semaine du 27 août au 2 septembre

- La peau de chagrin de Balzac

- Home de Toni MorRiSon. Un beau livre, billet suivra...


Mes lectures en cours

Le sentiment d'imposture de Belinda Canone. 

Ce que je vais lire cette semaine… 

Je ne sais pas...

Et vous, que lisez-vous ????

vendredi 31 août 2012

L'écrivain et la vie de Virginia Woolf

Quel essai stimulant ! Si vous aimez Virginia Woolf et si vous vous intéressez aux rapports de l'écrivain, du critique et du lecteur entre eux mais aussi, bien sûr, à la littérature, lisez ce livre. Il se compose de textes écrits entre 1916 et 1939. Au centre de ces articles, pour la plupart publiés dans des journaux, et pour certains dans des essais, l'écrivaine place au centre de sa réflexion le processus de création littéraire, ainsi que la place de la lecture, au centre. Elle analyse le rôle de ce qui deviendra "le public", dans un brillant article d'une étonnante modernité, "La chronique littéraire". 
En plus de son activité d'écrivaine, Viriginia Woolf a aussi été critique et éditrice. Elle a rédigé pour le Times Literary Supplement et fondé, avec son mari Leonard Woolf, une maison d'édition, la Hogarth Press, qui publiera, entre autres, les premiers écrits traduits de Sigmund Freud. Ces différents textes se caractérisent donc par le goût lié à l'expérience. Que cela soit la description des "Heures en bibliothèque" en passant par "La lecture", le lecteur de ce livre ressent tout de suite cette émotion liée à une forme d'expérience commune dans le rapport au livre.

Virginia Woolf
J'ai particulièrement apprécié l'article sur la "Relecture de romans" puisque je pratique moi-même de plus en plus cette activité... mais aussi celui sur les chroniques littéraires qui pose de très bonnes questions... y compris sur notre activité commune, chères lectrices et chers lecteurs, celle de la rédaction de "chroniques" ou de "billets" qui nourrissent nos blogs :
"Le Pilleur rédigera un court compte rendu du texte ; il en dégagera l'intrigue (s'il s'agit d'un roman), choisira quelques strophes (s'il s'agit d'un poème) ou citera quelques anecdotes (dans le cas d'une biographie).  A cela, ce qu'il reste du chroniqueur - peut-être en viendra-t-il à répondre au nom de Dégustateur apposera un sceau : un astérisque signifiant l'approbation et une crois la désapprobation. Ce compte rendu - produit du système Pilleur-Estampilleur - remplacera l'actuel  dissonant bavardage."
Virginia Woolf, très sensible aux critiques, oppose dans ce texte (tronqué dans cet extrait bien sûr... mais d'une justesse lucide) la critique, longue et réfléchie, aux multiples chroniques nées de la démocratisation du livre. Le chroniqueur produit en série, enchaîné qu'il est à la production des livres qui se fait de plus en plus pléthorique. Il n'a pas le temps de s'arrêter sur une oeuvre, il doit rédiger, encore et encore, pour suivre le rythme des publications et satisfaire un public avide de ses conseils prescripteurs (ou répulsifs...). Le critique, lui, s'imprègne d'une oeuvre et s'adresse plus à l'écrivain qu'au lectorat. Il donne des conseils d'écriture plus que de lecture. Je ne peux que vous inviter, alors que la grande foire de la rentrée littéraire s'annonce, à vous lancer dans la lecture de cet essai qui devrait être distribué en librairie pour tout achat d'une "nouveauté" de la fameuse rentrée...

mercredi 29 août 2012

Sur l'eau de Maupassant

   
   Ce livre de Maupassant, peu connu, se présente comme un récit de voyage. Du 6 au 14 avril, le lecteur se promène avec l'auteur au fil de l'eau, le long de ce qui deviendra la Côte d'Azur (en 1888, date de publication de l'ouvrage, on commence tout juste à utiliser l'expression...), entre les îles d'Hyères et le cap d'Antibes. L'écrivain a choisi d'adresser un avertissement aux lecteurs : 
"Ce journal ne contient aucune histoire et aucune aventure intéressante. Ayant fait, au printemps dernier, une petite croisière sur les côtes de la Méditerranée, je me suis amusé à écrire chaque jour ce que j'ai vu et ce que j'ai pensé. En somme, j'ai vu de l'eau, du soleil, des nuages et des roches - je ne puis raconter autre chose - et j'ai pensé simplement, comme on pense quand le flot vous berce, vous engourdit et vous promène."

   Le premier chapitre étant daté, on pense bien sûr tout de suite à un journal de bord. Et si l'on trouve bien, en effet, le récit des "non-aventures" maritimes de Maupassant durant cette courte croisière, on trouve aussi beaucoup plus. Tout d'abord, la description d'une côte qui n'a pas encore été ravagée par le tourisme de masse. Pas de bruit de moteurs sur l'eau, pas de célébrités en mal de soleil, pas de festival du cinéma... Mais il y a déjà de belles villas et les mondains commencent à louer maisons et yachts sur place. C'est donc tout un monde aujourd'hui disparu que ce livre fait revivre.
   Mais, comme le précise Jacques Dupont dans la préface de l'édition Folio, "il faut se méfier des écrivains"... et ce qui se présente comme un simple journal de bord s'avère être un montage et un journal fictif. Maupassant a réutilisé des chroniques anciennes, mais aussi des contes et nouvelles pour composer ce texte mosaïque qui regroupe sans doute une trentaine de textes. De plus, si le journal affiche une durée d'une quinzaine de jours, c'est six années qui ont été nécessaires à la mise en place de ce récit.

Monet, Antibes vu du plateau Notre-Dame, 1888
   Cette structure composée de morceaux épars suit pourtant un rythme, celui de la narration au fil de l'eau. Le temps s'allonge et tout se dilue entre ciel et terre, ciel et mer. Le Bel-Ami (nom du yacht de Maupassant) devient vivant, personnifié, il impose sa propre marche, dans un dialogue permanent avec l'eau et le vent. Le lecteur suit donc l'avancée du bateau ainsi que les impressions des hommes à bord. Maupassant raconte la mer mais aussi les escales et le monde à terre. On sent ici l'homme de mer, qui aborde toujours les gens d'à terre comme s'ils sortaient d'une farce. Si Flaubert cesse d'être ironique dans Madame Bovary lorsqu'il décrit une vieille paysanne, Maupassant laisse sa plume cruelle lorsqu'il décrit les hommes de mer. Leurs yeux portent loin et l'auteur a regardé le large avec eux. Mille sabords, je n'avais qu'une envie en lisant ce texte, partir naviguer !
"J'aime cette heure froide et légère du matin, lorsque l'homme dort encore et que s'éveille la terre. L'air est plein de frissons mystérieux que ne connaissent point les attardés du lit. On aspire, on boit, on voit la vie qui renaît, la vie matérielle du monde, la vie qui parcourt les astres et dont le secret est notre immense tourment."