dimanche 18 janvier 2015

Silence

http://themurmuringcottage.tumblr.com/

Chères (et chers) copinautes,

Après une période intense sur la blogosphère, vous avez peut-être remarqué que mes visites chez vous se font plus rares... Ne croyez pas que je boude vos blogs, je suis tout simplement très prise par des activités extérieures qui nécessitent une disponibilité importante et peu compatible avec la blogosphère (qui, comme vous le savez, est chronophage...).
Je vous laisse donc jusqu'à la fin du mois environ, peut-être un peu plus selon l'avancée des travaux... 
D'ici là, je vous souhaite de nombreuses et belles lectures, de celles qui permettent de prendre de la distance avec la fureur médiatique actuelle. A ce propos, je vous conseille vivement d'écouter au moins les dix premières minutes de La Grande librairie de jeudi dernier.
Bon dimanche à vous et à très bientôt,

Margotte 

 

dimanche 11 janvier 2015

Projet 52 (2) - Gros plan


Pour cette deuxième semaine du projet 52, gros plan sur une des nombreuses couvertures de Cabu (du 24 avril 2002) :

samedi 10 janvier 2015

Relligio de Victor Hugo


Relligio

L'ombre venait ; le soir tombait, calme et terrible.
Hermann me dit : - Quelle est ta foi, quelle est ta bible ?
Parle. Es-tu ton propre géant ?
Si tes vers ne sont pas de vains flocons d'écume,
Si ta strophe n'est pas un tison noir qui fume
Sur la tas de cendre Néant,

Si tu n'es pas une âme en l'abîme engloutie,
Quel est donc ton ciboire et ton eucharistie ?
Quelle est donc la source où tu bois ? -
Je me taisais ; il dit : - Songeur qui civilises,
Pourquoi ne vas-tu pas prier dans les églises ? -
Nous marchions tous deux dans les bois.

Et je lui dis : - Je prie. - Hermann dit : - Dans quel temple ?
Quel est le célébrant que ton âme contemple,
Et l'autel qu'elle réfléchit ?
Devant quel confesseur la fais-tu comparaître ?
- L'église, c'est l'azur, lui dis-je ; et quant au prêtre... -
En ce moment le ciel blanchit.

La lune à l'horizon montait, hostie énorme ;
tout avait le frisson, le pin, le cèdre et l'orme,
Le loup, et l'aigle, et l'alcyon ;
Lui montrant l'astre d'or sur la terre obscurcie,
Je lui dis : - Courbe-toi. Dieu lui-même officie,
Et voici l'élévation.

Victor Hugo, Les Contemplations

http://claudialucia-malibrairie.blogspot.fr/2014/11/challenge-victor-hugo_5.html
Valable aussi pour le challenge romantique !
Dans le cadre du challenge Victor Hugo, je devais aujourd'hui publier mon poème préféré. L'actualité m'en a empêché. Je vous propose donc celui qui s'est imposé à la place.
Les poésies d'Asphodèle, Claudialucia, Valentyne, Moglug, Miriam, Aaziliz et Aifelle.

vendredi 9 janvier 2015

La route de Beit Zera d'Hubert Mingarelli



 Commencer un livre en début d’année est toujours chose compliquée… En effet, il s’agit de choisir celui qui permet d’entrer dans un nouveau cycle de manière « positive » si possible (vous trouverez ici, celui de l’an dernier). Je ne pouvais mieux choisir en sélectionnant dans ma PAL - qui ne mange pas de chocolat mais qui prend du poids quand même – le dernier roman d’Hubert Mingarelli. C'est une ode à la tendresse humaine et à la fraternité dans ce qu’elle a de plus fragile.

L’histoire débute en Israël, sous le lac de Tibériade, près de Beit Zera. Stépan Kolirin, un vieil homme, habite une maison où il n’a pour seule compagnie que sa vieille chienne malade. Il envisage de mettre fin aux jours douloureux de l’animal tout en s’occupant d’elle avec douceur. Un jour, un jeune arabe s’approche de la véranda et de la chienne. Il va ensuite revenir, toujours silencieux, pour partir se promener avec l’animal, établissant un étrange rituel attendu par le vieil homme et la chienne. Stépan, intrigué par ce gamin bizarre, s’habitue pourtant à lui tout en continuant à écrire tous les jours à son fils Yankel qui habite « à l’autre bout du monde ». Je n'en dis pas plus sur l'intrigue... si vous voulez savoir pourquoi le fils est parti si loin et où, vous savez ce qui vous reste à faire...

http://www.tel-avivre.com/wp-content/uploads/sites/2/2014/02/lac_tiberiade.jpg
Lac de Tibériade
 J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage d’un auteur que je ne connaissais pas du tout. En 157 pages, il traite avec beaucoup d’humanité du conflit israélo-palestinien, mais presque sans le dire… Difficile de rendre compte de l’atmosphère qui règne dans ce roman. Tout y est teinté de douceur et de respect. Le rythme, lent mais jamais ennuyeux, nous porte tout naturellement à vouloir en savoir plus sur les personnages auxquels on s’attache très vite. Dès le premier chapitre, nous voilà installés près de Stépan et l’on se prend à avoir envie de caresser la tête de la vieille chienne. Enfin, pour conclure, le genre d’ouvrage qui fait du bien à l’âme, qu’on a envie d’offrir, qui donne plus envie de se taire que de parler pour ne rien dire. Je crois que je peux le ranger dans la catégorie de mes "précieux", il prend donc sa place dans les pépites du non-challenge de Galéa, ne serait-ce que pour cette merveilleuse scène du rire dont je vous propose un extrait ci-dessous.


Extrait

Chacun pour soi se rappelait ce jour-là, devant Jaffa, pendant leur service militaire. Ils fouillaient les Arabes à midi. La chaleur montait de la route comme de l’eau chaude d’un bassin. Le soleil les tuait tous. (…) Ils étaient une centaine à attendre leur tour pour entrer dans Jaffa. Soudain un vieillard sortit de la file, s’avança, passa à côté de Stépan et Samuelson sans un regard, sans l’ombre d’une crainte, et s’éloigna.  L’officier leva une main et posa l’autre sur son étui à révolver. Stépan et Samuelson, abandonnant les deux qu’ils fouillaient à ce moment-là, se redressèrent, fixèrent un moment le dos du vieillard qui s’en allait sans les craindre, puis éclatèrent de rire, et tous les Arabes qui attendaient leur tour éclatèrent eux aussi d’un rire si extraordinaire qu’il couvrit celui de Stépan et Samulson. L’officier devint rouge de colère, mais demeura muet. Il faisait trop chaud.




Je remercie les éditions Stock et Valentine L. pour cet envoi et cette excellente surprise de début d’année ! Le livre est sorti avant-hier en librairie...

jeudi 8 janvier 2015

Nous sommes tous Charlie

http://www.liberation.fr/politiques/2015/01/07/les-musulmans-de-france-redoutent-le-retour-de-flamme_1175810
Info découverte avec stupeur ce matin seulement.
Je suis muette tout en refusant de me taire...

lundi 5 janvier 2015

Les livres de 2014

Mes trois romans ou recueils de nouvelles de l'année 2014 :
1. En tête de liste et presque "hors concours" : Les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar



2. Le Convoi de l'eau d'Akira Yoshimura, un livre de toute beauté, parfait pour commencer une année... livre non chroniqué ici.
3. Folles nuits de Joyce Carol Oates : des nouvelles
http://bruitdespages.blogspot.fr/2014/06/folles-nuits-de-joyce-carol-oates.html
Viennent ensuite :
- Sur la plage de Chesil de Ian Mc Ewan
- La vérité sur l'affaire Henri Quebert de Joël Dicker
- La verticale de la lune de Fabienne Juhel

Mes trois polars favoris de 2014
1. LA trilogie de l'année, LA trilogie d'Erik Axl Sund, Les visages de Victoria Bergman 



2. Enclave de Philippe Carrese

3. W3 - Le sourire des pendus de Camus et Hug


Le livre de l'année en littérature jeunesse : Mamie passe le bac de Gwladys Constant

Les deux meilleurs essais lus en 2014 :
1. La cause des livres de Mona Ozouf


2. Croquis et grifonnis de Sue Lonoff de Cuevas


LE classique de 2014, hors catégorie, à lire et relire sans aucune modération : La Reine Margot d'Alexandre Dumas



dimanche 4 janvier 2015

Le projet 52 (1) - Ici

Pour entrer dans l'année 2015, je me lance dans la participation au "projet 52" initié par 'Ma. Elle nous invite à publier chaque semaine une photographie en lien avec un thème proposé à l'avance. Cette première semaine était consacrée à l'"ici". Je vous propose donc l'ici nuageux, le ciel vu de chez moi qui m'évoque Baudelaire...


Ciel brouillé

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés, 
Qui font se fondre en pleurs les cœurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

O femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal

vendredi 2 janvier 2015

Bonne année !


Partie pour quelques jours près de mes bois... me voilà de retour avec une photo prise lors des jours de grand froid ! Comme quoi je pense à vous même loin de mon ordinateur... Je vous souhaite une belle et douce année 2015, à vous et à vos proches.

jeudi 25 décembre 2014

Noël, une fête qui a du chien !

http://wamiz.com/chiens/conseil/noel-quels-dangers-pour-vos-animaux-3065.html

En faisant une petite promenade matinale sur la blogo, j'ai découvert de nombreux billets avec des photos de chats. Ces joyeux félins, souvent très gâtés par leur maîtres enamourés, s'associaient aux vœux pour les fêtes. Or... je n'ai vu aucun représentant de la gent canine. Je me devais de rétablir l'équilibre ! 

Accompagnée par un brave labrador inconnu, je viens donc vous souhaiter un joyeux Noël et d'excellentes fêtes !

dimanche 21 décembre 2014

Mr Turner de Mike Leigh


Quel film ! Alors que je commence à rédiger ce billet, je suis encore sous le charme de cette séance de cinéma... Deux heures trente passées presque aussi vite qu'un coup de pinceau. Ce biopic signé par Mike Leigh nous raconte les vingt-cinq dernières années de W. M. W. Turner (1775-1851). Le film se divise en deux parties séparées par la mort du père. 
Dans la première partie, nous découvrons la vie domestique et professionnelle du peintre. Père visiblement peu intéressé par sa famille, il a quasi abandonné son ex-compagne et ses deux filles. Il est secondé dans son travail par son père qui achète les poudres de couleur, fabrique les toiles et veille à la bonne marche de la maison. Une gouvernante fidèle et d'une patience à toute épreuve - la pauvre - veille également à l'intendance. Artiste déjà reconnu, il vit dans une "maison-musée" où il fait admirer ses toiles mais il expose aussi avec ses camarades de la Royal Academy of Arts. Personnalité bourrue et peu loquace, il consacre toute son énergie à son art dédié à la lumière solaire.

Turner et sa gouvernante
Après la mort de son père, l'artiste s'isole encore plus et régulièrement, s'éloigne en direction de la mer. Il prend une chambre dans une petite auberge où il va rencontrer celle qui va devenir sa dernière compagne, Mrs Booth. Cette nouvelle relation semble lui insuffler une nouvelle vie artistique et ses toiles, toujours aussi lumineuses, vont également aller vers plus d'abstraction.

Turner et Mrs Booth
J'ai été totalement conquise par ce film. Tout d'abord peut-être parce qu'il nous laisse le temps d'aller à la rencontre des personnages, sans nous donner les clés de personnalités ni prévisibles ni formatées. Turner est un vieil homme taciturne. Il s'exprime peu et lorsqu'il se décide à communiquer, il émet parfois uniquement des grognements dignes d'un ours des cavernes. Il montre une grande sensibilité mais en même temps est capable de trousser les jupes de sa gouvernante pouvant à peine respirer, le nez dans les livres de la bibliothèque... Il séduit pourtant Mrs Booth de manière à la fois sophistiquée et juvénile. Enfin, vous l'avez compris, nous voilà dans des effets d'estompage face à l'humain qui n'est jamais concentré dans une seule de ses facettes. 
J'ai également aimé la manière de filmer les corps, et les visages. Les gros plans sont nombreux et nous permettent d'aller quêter le monde intérieur des personnages. Tous ces portraits (je pense ici à la belle scène de la photographie) nous mettent face à des visages enfin ridés, qui expriment une palette très large de sentiments parfois contraires. Quand la planète botox s'éloigne, on a tout à coup l'impression de redécouvrir la vie...
Et puis, bien sûr, il y a la peinture... Le film présente des couleurs proches de celles du peintre et la photographie a été très travaillée. Je pense par exemple à cette magnifique image du peintre, juste après la mort de son père. Il est seul, dans une barque. Il pêche dans ce qui semble un petit lac entouré de végétation. L'ambiance glauque et aquatique est presque irréelle (la photo ici proposée ne rend que très partiellement l'impression ressentie au cinéma... et il manque le plan en plongée...).

Mr Turner
Le réalisateur a laissé une grande place à la peinture. Il n'a pas eu peur de filmer les tableaux ainsi que le travail qui accompagne la création, même lorsqu'il s'agit de cracher sur une toile pour diluer un effet de couleur. Mention spéciale pour la manière de filmer le contraste entre la beauté artistique des toiles et la rugosité de l'homme. 
C'est de la belle ouvrage, le genre de film qui invite à retourner au cinéma, à aller au musée et à découvrir toute la production de Turner... Initiateur du mouvement impressionniste mais issu du romantisme anglais, le peintre me permet d'ajouter un billet coloré et enthousiaste au challenge romantique !

http://claudialucia-malibrairie.blogspot.fr/2013/12/challenge-romantique-quatrieme-bilan.html