vendredi 17 novembre 2017

Une Maison de poupée d'Ibsen


   Ibsen, petit bourgeois né en 1828 à Skien, a composé une œuvre forte marquée par la philosophie de Kierkergaard (mais il aimait aussi Voltaire !). Amateur de sagas islandaises, il a été nourri de ces textes où l'homme se dresse contre un destin contraire. C'est contre la société et ses miroirs trompeurs que Ibsen se dresse, exaltant une vie sans contrainte. Helmer, le mari de Nora, dans la pièce qui nous intéresse aujourd'hui, représente les attitudes superficielles qu'il veut dénoncer. 
   Le dramaturge norvégien a fait partie du mouvement de libération le "genombrott". Cela lui vaudra un exil de vingt-sept ans en Europe de l'Ouest. Metteur en scène au début de sa carrière, il a apporté un grand soin aux indications scéniques de ses pièces. Il possédait de nombreuses capacités artistiques puisque on lui attribut aussi une soixantaine de tableaux. Il a composé des recueils de poésie et dessiné lui-même des décors pour ses pièces.
Une maison de poupée, écrite en Italie, fut jouée pour la première fois à Oslo en 1880. La pièce provoqua de nombreuses réactions venues de tous les bords... des juristes aux psychanalystes. Elle s'inspire, comme Madame Bovary et bien d'autres œuvres littéraires, d'un fait divers réel. Une certaine Laura Kieler, pour sauver son mari malade, fit un emprunt (en secret), pour sauver son mari malade. Ce dernier, après avoir découvert l'affaire, demanda le divorce (au lieu de la remercier). 
La distribution de la pièce est simple et efficace : huit personnages dont "les trois jeunes enfants de Helmer". L'action se passe chez ce dernier. La première scène s'ouvre sur "Une maison confortable et de bon goût, mais sans grand luxe". C'est la période de Noël. Nora entre chez elle les bras pleins de paquets et elle est accueillie joyeusement par son mari Helmer qui lui lance des noms d'oiseaux comme "mon étourneau" ou "mon alouette" pour se moquer de ses tendances à la dépense. Arrive de manière inopinée Mme Linde, veuve sans le sou que Nora se propose d'inviter pour Noël. On apprend au travers de leurs échanges que la famille de Nora a traversé une période très difficile. Helmer a été gravement malade et ils sont partis dans le sud d'où il est revenu guéri. Ils avaient pourtant de gros problème d'argent...
Je ne reviendrai pas ici sur l'aspect féministe de la pièce déjà souligné avec brio par les copinautes ayant participé à cette LC dans le cadre du challenge nordique.  Quel texte ! J'ai pris un grand plaisir à découvrir cette pièce lue très vite. Le texte, en prose, est d'une fluidité extrême et la traduction de Régis Boyer doit être excellente je pense ! Je ne peux donc que vous conseiller la version proposée chez Garnier-Flammarion qui, en plus, propose un dossier passionnant. Je n'ai qu'une envie, découvrir d'autres pièces de l'auteur et j'envisage bien sûr une 2e lecture commune sur le théâtre d'Ibsen. Je la proposerai lorsque mon emploi du temps sera plus paisible...
Participaient également à cette lecture commune Adrienne, Marilyne, Nathalie, Claudialucia (qui a finalement rédigé un beau billet sur Tarjei Vesaas).


jeudi 16 novembre 2017

Des copies, des copies, toujours des copies... et un billet en retard pour mon challenge nordique

L'image parle d'elle-même... la période est néfaste et les vacances sont déjà loin... J'ai complètement oublié hier, mon billet sur Ibsen (il est pourtant presque terminé), occupée que j'étais à corriger un tas de copies qui commence à me faire furieusement penser à ma PAL préhistorique ! Je précise que la comparaison se fait non pas par rapport à la durée (j'ai tendance à rendre les devoirs rapidement au détriment de mes nuits), mais par rapport à la taille de la PAL en question (vous savez, celle dont j'évoque régulièrement le surpoids). Pourquoi cette narration me direz-vous ? Et bien pour vous dire que je pense à vous et que, dès cet après-midi... je reviens vous voir !
En attendant, bonne journée à tous et toutes.
Ajout de 21h15 : heu... finalement, il faudra attendre ce week-end... mais si vous êtes sages, vous aurez aussi un billet sur le festival de Lamballe si je ne me suis pas noyée sous mes copies...
PS : et merci pour vos encouragements, me voici regonflée à bloc (ou presque) pour rédiger mon billet à venir !

vendredi 27 octobre 2017

R-A-T d'Halloween - 2e partie

   Ce soir à 21h commencera la 2e partie du marathon de lecture d'Halloween lancé par Hilde et Lou. Une première partie a déjà échauffé des participantes très motivées... Souhaitons que ce deuxième week-end soit aussi sympathique que le premier (voir bilan ICI). 
   Hilde nous propose plusieurs défis pour le week-end (ICI). De mon côté, je vais tester ce week-end le RAT itinérant ! En effet, je vais bouger dans les jours à venir mais je vais essayer de concilier jusqu'à mercredi lecture et déplacements. Vous l'avez compris, j'ai souhaité participer, quitte à participer de manière plus épisodique. Je tenterai quand même de reprendre le défi 666, en essayant cette fois-ci d'arriver aux 6 livres...
   J'ai retrouvé un ancien logo que j'ai sorti du grenier pour l'occasion et j'ai acheté quelques livres. Je dois dire que l'ambiance sera plus douillette qu'horrifique mais j'ai tout de même emporté un Stephen King pour les frissons ! Je vous souhaite à toutes un excellent week-end de lecture et vous retrouve au plus vite.

Samedi 28 octobre, 8h30
Le bilan d'hier soir ne sera pas le plus mirifique du week-end... J'ai tenu une demi-heure les yeux ouverts sur mon livre ! Il avait pourtant de quoi me tenir réveillée puisqu'il s'agit du premier volume de ça de Stephen King. Lu il y a bien longtemps (en frissonnant, à l'époque...), j'avais aimé et hélas prêté les trois volumes que je n'ai jamais revus. C'est l'occasion donc de le revoir dans ma bibliothèque dans une toute nouvelle tenue. Il dépareille un peu avec les autres mais je lui fait une place tout de même. Enfin, 39 pages lues hier soir
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Je passe en mode itinérant ce matin... Je serai donc présente de manière tout à fait aléatoire ! Mais je ne vous oublie pas. Je proposerai quelques photos de mes lectures nomades, passerai chez vous et viendrai poster des nouvelles dans le week-end à partir de cybercafés.

Samedi 28 octobre
Ce qu'il y a de bien avec les meilleurs romans de Stephen King, c'est qu'ils sont totalement addictifs, au point qu'on ne les lâche plus une fois commencés. La preuve par la route : alors que j'ai passé une bonne partie de la journée sur les routes et aires d'autoroute, j'ai tout de même trouvé le moyen de lire avidement quelques chapitres... entre un thé et quelques bavardages avec M. Margotte (très tolérant avec les mauvaises habitudes de sa tendre moitié). En arrivant enfin, voilà ce que j'ai trouvé (ci-contre). Alors, forcément, le rythme de lecture s'est accéléré, si bien que j'ai lu au total dans la journée : 86 pages (en environ une heure trente de lecture, sans compter les pauses sur la route...).

Dimanche 29 octobre 
Le changement horaire a du bon finalement ! Une heure de lecture gagnée ce matin... A 7h45 me voilà confortablement installée devant la cheminée avec un thé Earl Grey bio bien chaud, nichée sous un pilou. Je m'accorde une heure trente de lecture avant d'aller affronter l'extérieur ! Je commence la matinée avec le livre Aux femmes de Hamdi Al-Gazzar. 
Photo en mode sédentaire...


C'est un très beau livre de littérature égyptienne ayant été élu "meilleur roman égyptien" en 2014. Le billet est déjà en préparation et vous sera livré quand je serai à nouveau en mode "sédentaire".  L'après midi sera plus dans le thème du RAT puisque je vais continuer le Stephen King. Il faut dire que l'ambiance s'y prête :

Pluie et brume sur les collines !
Dans l'après-midi, alors que la brume a franchement colonisé les collines et que le crachin, tenace, vient teinter la forêt de nuances de gris ardoise, j'avance les lectures, et j'ouvre le magnifique Cahier de L'Herne consacré à... Joyce Carol Oates !

Résultat, le bilan de ce dimanche est au top pour cette journée pluvieuse :
- 396 pages lues
- 6 heures de lecture ! (le défi 666 n'a qu'à bien se tenir)
- un livre jeunesse terminé : Oscar le Cafard d'Antoon Krigs, trouvé sur place et parfait pour une petite pause... J'ai également terminé le très beau roman de Hamdi Al-Gazzar, Aux femmes.

Lundi 30 octobre 
Je passe directement au bilan : 43 pages en 2 heures de lecture ! Peu de lecture donc mais de belles balades ! J'ai profité... et passé un peu de temps le matin à la recherche de la connexion perdue pour vous faire le bilan du dimanche. Un livre lu entièrement ce jour, Elen la petite Gauloise.

Avec les Gaulois...
Mardi 31 octobre
La journée sera gauloise ou ne sera pas puisque nous partons revisiter le musée de Bibracte où j'ai très envie de découvrir l'exposition consacrée aux torques. Je commence donc mes lectures matinales par la suite de mon dossier du magazine L'Histoire et, à la suite de Poseidonios d'Apamée, je pars rêvasser sur un territoire gaulois où se trouvaient seulement entre 8 et 15 millions d'habitants... 23 pages lues en une heure devant un bon feu avant de partir à Bibracte !

Une heure de lecture l'après-midi de mon fameux Cahier de L'Herne. Je lis avec grand plaisir les témoignages qui brossent un portrait plus intime de JCO. La soirée livresque commence à 20h20, après une belle promenade en forêt avec vue sur la lune...



Bilan de la journée :
- 5 heures de lecture
- 158 pages lues (en sachant que les pages du Cahier de L'Herne devraient compter double car elles sont très larges et c'est écrit petit...).

Mercredi 1er novembre 
N'ayant pas la possibilité d'échanger avec les copinautes, et occupée par ailleurs, la comptabilisation des temps de lecture et des pages s'est franchement relâchée... mais bien sûr, j'ai continué les lectures en cours et des billets suivront...

Bilan du RAT (en différé et en mode sédentaire...)
- 15 heures de lecture (c'est bien !)
-  722 pages lues (c'est encore mieux)
- 3 livres lus entièrement et des pavés toujours en cours. Le défi 666 n'est donc pas totalement atteint. Pour l'an prochain peut-être (en choisissant des livres plus petits...) ?
J'ai pris beaucoup de plaisir à ces lectures mais vous vous en doutez, j'ai regretté de ne pas pouvoir plus échanger avec vous, chères copinautes ! Enfin, j'étais contente de participer quand même et je vais maintenant aller lire vos bilans :-) Et merci, encore une fois, à nos organisatrices de choc, Hilde et Lou (et une petite pensée pour Lor si elle passe par là).


Les participantes : Bidib, Chicky Poo, Fondant, Kiona, Kobaitchi,Margotte, Samlor, Soukee.

jeudi 26 octobre 2017

Rubrique à vrac, avec du Joyce Carol Oates dedans...


Je vais peut-être vous faire une fausse joie, mais ce billet ne se destine absolument pas à la critique d'une bonne vieille BD de ce cher Gotlib... Il s'agit tout simplement d'un billet de rattrapage qui vise à évoquer mes dernière lectures avec, en plus de JC Oates, les livres lus durant le RAT maléfique du week-end dernier !
Si vous le voulez bien, je vais aller dans l'ordre afin de m'y retrouver car le propre du vrac, c'est qu'on s'y perd un peu...

1. La Malédiction des Rowans de Mike Carey, Mike Perkins et Andy Troy 


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 C'est le livre qui m'a permis d'ouvrir le bal le week-end dernier. Voilà un comic horrifique qui, grâce à sa première de couverture, m'a évoqué Amityville. Et en effet, il s'agit bien de l'histoire d'une maison hantée. Mais ce qui m'a amusée, c'est surtout que l'histoire se déroule sur fond d'échange de maisons. Vous savez l'idée sympathique d'échanger son lieu de vie avec des inconnus... Et bien ici, l'échange va rapidement assez mal tourner. Je n'ai pas été conquise par les dessins que j'ai trouvé parfois un peu grossiers (c'est assez souvent le cas dans les comics) mais le scénario rattrapait bien l'affaire. Autre point positif : l'utilisation des dialogues issus des échanges sur les réseaux sociaux. Enfin, mention spéciale à la galerie d'illustrations proposée à la fin de l'ouvrage.

2. Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri et Suréquipée de Grégoire Courtois


Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri est un roman de fantasie, à mi-chemin entre le conte et le fantastique. L'auteure a su créer une ambiance très particulière dans laquelle on trouve : une pincée de Harry Potter, un peu des Contes de Perrault, et beaucoup d'Alice au Pays des merveilles. Le tout s'avère totalement fantasque ! Si l'on s'y perd un peu, j'avoue que l'ensemble passe bien et que si l'on accepte de se plonger dans l'univers très animé de ce roman, on passe un bon moment, entre chats bizarres et toiles étranges pour capturer les fantômes...
Suréquipée de Grégoire Courtois nous plonge dans un monde tout à fait différent. Nous voilà ici en pleine science-fiction. Le Docteur Fransen a créé une voiture 100 % organique. Or, son dernier propriétaire, Antoine Donnat, a disparu. Les rapports d'enregistrement de la voiture nommée la "BlackJag" vont nous permettre de découvrir l'origine de cette disparition. Un excellent roman de SF, centré sur les rapports de l'homme à sa voiture.

3. Joyce Carole Oates (ou comment garder le meilleur pour la fin...)


Plusieurs livres de JC Oates sont sortis ce mois-ci. Deux viennent de paraître aux éditions Philippe Rey en grand format :  Paysage perdu et La Princesse Maïs et autres cauchemars. Chez le même éditeur, sorti en poche, La foi d'un écrivain. Sacrifice vient de sortir en poche aussi, chez Points. Et enfin, pour couronner le tout, les Cahiers de l'Herne viennent de sortir un opus consacré à la romancière américaine... Je n'ai pas encore tout lu et me contenterai aujourd'hui de vous parler de deux de ces ouvrages.
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J'ai tout d'abord lu La foi d'un écrivain. C'est un court essai dans lequel Joyce Carole Oates s'interroge sur l'alchimie qui mène à la création littéraire. Dans une série de 13 articles pour la plupart sortis initialement dans des revues, elle questionne le statut d'écrivain. J'ai particulièrement aimé l'article intitulé "Lire en écrivant", mais aussi le dernier où elle analyse la distance qu'elle prend avec "JC Oates". Cet essai s'avère une excellente introduction au très beau récit Paysage perdu. Elle propose ici un livre autobiographique où l'on découvre de nombreux éléments de sa vie passée : son enfance dans une ferme à l'ouest de l'Etat de New York, ses parents (Fred et Carolina), ses amis, etc. C'est un livre émouvant, à la fois intime et réservé. Elle parle de manière très délicate de ses parents ou de sa sœur handicapée qui lui ressemble étrangement. Je crois que c'est ce qui m'a le plus touchée dans ce récit. Alors que la romancière compose parfois des romans à la noirceur troublante, elle fait montre ici d'une grande sensibilité, sensibilité qui explique sans doute sa capacité faire preuve d'empathie. L'ensemble brosse également le portrait d'un "paysage perdu", celui de son passé tout autant que celui de l'Amérique pauvre et rurale des années 50. Pour tous les inconditionnels de l'auteure (et pour les autres aussi) : à lire absolument !

vendredi 20 octobre 2017

Echo de Ingrind Desjours


     Le problème avec les livres "offerts par le libraire" pour deux ouvrages achetés (en dehors du fait qu'ils nourrissent une PAL déjà en surpoids), c'est qu'ils peuvent se révéler d'un ennui prodigieux ou d'un vide abyssal. Ce petit polar, excellente surprise, ne rentre pas dans les catégories en question ! Je ne connaissais pas du tout cette romancière qui, outre les thrillers, œuvre aussi dans le genre fantastique sous le pseudonyme de Myra Eljundir. Echo, son premier roman, met en place un duo formé par Patrick Vivier et Garance Hermosa. Patrick compose le personnage du flic bourru mais sympathique et fiable (une qualité qui se perd...) : "Patrick ne croyait guère à la psychologie et à toutes ces conneries. Les psychologues étaient partout, dans les écoles, dans les agences de publicité, et maintenant dans la police ! Le monde était rempli de ces parasites qui, au mieux, étaient des incompétents, au pire des manipulateurs".
   Notre quinqua grognon va pourtant devoir enquêter aidé d'une bombe sexuelle, la sexo-criminologue Garance qu'il déteste : "Il avait entendu parler de cette fouineuse qui jouissait d'une telle réputation qu'elle devenait intouchable".
   Jusqu'ici, rien de bien nouveau sous le soleil. Le crime perpétré a visé les frères Vaillant. Beaux, riches mais également riches et pervers, les jumeaux présentaient une émission télévisée qui avait fait flamber l'audimat. On les retrouve au début du roman dans un tableau sordide et grotesque, membre viril coupé ! Notre duo ne va avoir que l'embarras du choix concernant les suspects puisque les frères se comportaient en parfaites petites ordures, soignant ainsi une liste d'ennemis toujours renouvelée (on pense à des types sous les feux de l'actualité...).
   Encore une fois, rien de bien nouveau sous la pluie bretonne... mais il y a pourtant quelque chose qui fonctionne dans le roman (je l'ai lu en quelques jours et terminé en une soirée fébrile). Ce "quelque chose" tient en deux points : la structure narrative et la justesse psychologique. Le roman s'ouvre sur le journal d'une fillette que l'on va suivre durant tout le roman et qui vient rompre le déroulement de l'enquête - oui, comme dans le polar de V. Sten -. Le journal en question est suffisamment intriguant pour nous pousser toujours vers le chapitre suivant. J'ai d'ailleurs lu le plus vite possible les chapitres intercalés pour avancer dans la découverte du journal...
   Ce thriller propose également un portrait saisissant de l'évolution d'un criminel, il nous fait assister à la création d'un monstre. Ingrid Desjours est psycho-criminologue, elle a exercé durant un grand nombre d'années auprès de criminels sexuels et sait donc de quoi elle parle. J'ai trouvé l'aspect psychologique tout à fait intéressant et malgré quelques défauts, je range ce premier essai dans ma bibliothèque du côté des auteurs "à suivre". Elle prendra place près des grandes dames du polar britannique comme Minette Walters, spécialiste des "cuisines sanglantes" épicées de personnages tordus. Parfois cela pique un peu mais quand on aime ce qui a du goût...

lundi 16 octobre 2017

Lecture commune - La Forêt mouillée de Victor Hugo

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Durant l'horrifique marathon livresque du week-end, j'en ai profité pour relire La Forêt mouillée de Victor Hugo. Il s'agissait d'une lecture commune avec Claudialucia qui, dans son billet ICI, évoque son ennui à la lecture de cette œuvre assez inclassable. J'avoue avoir été déstabilisée lors de la première lecture, l'an dernier. A la relecture, si la surprise est moindre, la compréhension n'a pas toujours été au rendez-vous... Mais je vais trop vite...
Cette toute petite comédie en un acte est la plus ancienne du recueil du Théâtre en liberté. Lors de la publication du recueil, en 1886, elle se trouve à la fin alors qu'aujourd'hui, elle l'ouvre, faisant suite au prologue. On y trouve un certain Denarius qui, sous ses airs de contemplateur lyrique, affiche surtout un comportement pédant. Le nom n'est d'ailleurs pas à son avantage puisque denarius, en latin, signifier "denier" dont la traduction française rime avec "niais" (l'étymologie vient des notes du Folio). C'est lui qui apparaît le premier sur scène, dans "une forêt après la pluie". Alors qu'il s'extasie sur l'orage et les herbes fraîches, animaux et végétaux entrent dans la danse et se mettent à vivre sous nos yeux.
Et ce sont ces éléments naturels qui me rendent conciliante vis-à-vis de ce texte. Le verbe hugolien arrive à faire vivre la violette et le lys sans tomber dans la franche mièvrerie. L'ensemble reste délicat et l'on se prend à envier le baiser du papillon au lys. Chacun y va de son chant, du moineau à l'abeille, en passant par l'araignée qui aime les mouches. Les gouttes de pluie, en tombant, font du solfège tandis que le limaçon se dit financier. Seule ombre au tableau (qui est de taille, je vous l'accorde), on ne comprend pas bien où le dramaturge veut en venir... Mais peut-être ne faut-il voir dans cette piécette qu'un simple jeu ! J'avoue ne pas avoir eu le temps de chercher plus loin. Peut-être lors d'une prochaine lecture ? Les cinq scènes permettent de nombreuses relectures, en sautant le ruisseau avec Margot !


Nathalie participait aussi à cette lecture commune.

vendredi 13 octobre 2017

R-A-T d'Halloween, 1ère partie

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     Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore au courant, n'ayant pas la chance d'avoir un corbeau voyageur, nos deux sorcières Lou & Hilde ont concocté un RAT d'Halloween dans le cadre du mois éponyme. Alors bien sûr, chacun ayant ses faiblesses, j'ai succombé sans trop résister à l'attrait d'un we de lecture... 
   Les réjouissances commenceront à 21h dès ce soir et prendront fin dimanche soir à minuit. Ce billet sera donc actualisé régulièrement, au fur et à mesure de cet horrible marathon. Halloween oblige, il s'agit de lire des romans d'horreur, de fantastique, ou, encore mieux, ayant un lien avec la sorcellerie puisque c'est la thématique à l'honneur du mois halloween de cette année. Toutefois, cela reste très libre et comme nous étions invité à proposer des défis et/ou logos, je propose le défi 666. Il s'agit de lire durant le week-end :
- au moins 6h,
- 6 livres (on a le droit de comptabiliser les BD parce quand même...),
- 6000 pages, ou 600, ou 60 et si l'on est fatiguée, 6 pages !
Le logo est le suivant :
H - 3 minutes...
Comme il faut bien se préparer, j'ai sélectionné quelques ouvrages pour le week-end. J'ai également prévu d'en profiter pour terminer quelques lectures en souffrance. C'est totalement irréaliste mais soyons fous !

Vendredi 13 - 22H30 et un premier compte-rendu 

21H : top départ ! Je commence avec La Forêt mouillée de Victor Hugo que je reprends à la scène 2. Il fait partie des livres à terminer (qui sont hélas un peu nombreux en ce moment...). On ne peut souhaiter plus belle entrée en matière puisque tout chante, de la ronce au rosier qui s'adresse au papillon. Magie douce donc... propice aux rêveries fantasques. Assez vite terminé car c'est une œuvre courte (chose assez rare chez Toto Hugo, et qui mérite d'être signalée !). J'attaque ensuite la BD achetée pour l'occasion : La Malédiction des Rowans, un comics. Il s'agit d'une histoire de maison hantée, et je découvre en entamant la lecture les arbres "dule" où l'on pendait autrefois les sorcières, et les "boggarts", personnages malveillants du folklore anglais. Brrrr, une bonne BD horrifique qui prend tout à fait sa place dans le mois halloween ! 
Bilan de la soirée :
1H30 de lecture et 136 pages lues.

Samedi 14 octobre - J1
Je vais commencer les lectures du matin après avoir fait un petit tour chez les copinautes... J'ai tout de même commencé, dès potron minet, Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri qui me réserve, je crois, une excellente surprise ! Cela commence bien, j'ai donc dévoré les 20 premières pages entre les tartines du petit déjeuner. Après un interlude marché, et un tour chez les marathoniennes, je vais pouvoir m'installer confortablement pour le continuer...

11H30 - Bilan de fin de matinée
Une petite heure de lecture très tranquille ce matin. J'ai commencé Suréquipée de Grégoire Courtois, un bon petit roman de SF, et continué Le Clairvoyage qui décidément m'enthousiasme. Il faudra que je vous en parle plus précisément !

29 pages de SF et 45 pages au total du livre de fantaisie d'Anne Fakhouri (74 pages pour la matinée). Je n'ai qu'une envie, continuer... après une petite pause repas-copinautes...

16H15 - Après la sieste...
Après une pause réparatrice, une nouvelle heure de lecture. Je continue mes deux romans et j'avance avec un enthousiasme toujours au rendez-vous ! Je pense que ces deux-là ne devraient pas résister au week-end...  Je n'ai pas encore comptabilisé les pages, je viendrai faire un bilan un peu plus détaillé en fin d'après-midi. Et vous ? 

18H - Bilan de fin d'après-midi, avant la soirée...
Bilan tout à fait satisfaisant puisque j'ai terminé Suréquipée. Je me suis concentrée sur ce roman que je n'arrivais plus à lâcher, je l'avoue. L'intrigue, qui se tisse autour du rapport de l'homme à sa voiture, est vraiment bien ficelée. J'ai tout de même lu un chapitre du Clairvoyage et vu qu'il y a une suite que je n'ai pas bien sûr : mince !  
Encore une heure livresque donc, avec au compteur : 125 pages pour Suréquipée et 47 pages pour Le Clairvoyage en tout dans l'après-midi. Après-midi qui aura donc été, malgré la longue pause, assez livresque, avec 2h de lecture et 172 pages lues, et un livre terminé.
Je vous retrouve tard ce soir car j'ai une sortie de prévue (il faut bien profiter un peu de cette chaleur inhabituelle pour la saison...).

20H15 - Soirée déjà bien commencée et pas de lectures en vue... Je vous laisse et vous retrouve demain. Je m'apprête à aller jouer les oiseaux de nuit, RAT halloween oblige ! Je ferai un petit bilan de la journée écoulée demain matin. Bonne soirée à toutes ! 

Dimanche 15 octobre - J2

     Après une soirée tout à fait agréable qui m'a fait oublier un peu mes livres, la nuit fut paisible... et le réveil un peu tardif ! Ce qui ne m'a pas empêchée de lire un peu en savourant mes tartines. Mais avant de vous parler des lectures du jour, le bilan de samedi :
3 heures de lecture et 246 pages lues. Je suis mal partie pour les 600 pages du défi 666 mais j'ai au moins atteint les 60 ;-) J'ai lu entièrement une BD et Suréquipée

Le programme du jour : je continue Le Clairvoyage et j'ai sorti quelques ouvrages de ma bédéthèque qui comporte quelques grimoires adaptés à ce RAT sorcier... Voyez donc :


 Ma présence sera peut-être un peu plus aléatoire aujourd'hui car, hélas, j'ai du travail... mais je vais tenter l'organisation maximum afin de garder du temps pour les copinautes et la lecture ! A bientôt chez vous...

Bilan à 11h15 - Une douce matinée
Démarrage en douceur, avec une heure de lecture et 55 pages lues (j'avance tranquillement Le Clairvoyage, entre corbeaux maléfiques, chats haineux et fées mauvaises ! (en revanche, côté travail, nada, la soirée s'annonce studieuse...). Tout cela m'amuse beaucoup... Et vous ?

17H15 - Un après-midi tranquille et des objectifs un peu en berne... pour un moral en hausse 😸
A l'heure où je donne quelques nouvelles, j'ai réussi à ajouter une heure de plus de lecture à cette 2e journée de RAT. Entre les pauses, les rêvasseries, les "petits" tours dehors et le retour de Monsieur Margotte suivi par un charmant goûter de retrouvailles, vous pensez bien que les objectifs sont revus à la baisse. Je ne vous parle même pas du travail qui attend toujours... 
J'ai relu la très belle bande dessinée de Bonet & Munuera, Le Signe de la lune (129 pages) et avancé de 17 pages Le Clairvoyage (= 146 pages pour l'après-midi et une BD lue). Par sûr que j'arrive au bout aujourd'hui... je suis à la moitié du roman environ.
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 Je vous retrouve dans la soirée pour la suite de cette horrible journée...

20h15 - La soirée commence !
J'ose à peine évoquer la fin de l'après-midi puisque je n'ai pas tourné une page. Il a bien fallu se mettre au travail (et encore, je suis clairement en retard)... Mais après les efforts (pas trop intenses, les efforts), le réconfort. La soirée sera donc destinée à la lecture ! Mais avant, petite pause série horrifique, ou film, j'ai encore du mal à me décider et à trouver quelque chose qui me convienne pour la soirée. Je vous retrouve plus tard. Bonne soirée livresque... on a encore jusqu'à minuit. Allez les filles ! allez les filles !


21H45 - Un film génial !
J'ai finalement opté pour le film Les Frères Grimm de T. Gilliam, un excellent choix. J'ai regardé la moitié environ et pour garder du temps de lecture, je viens seulement vous faire profiter de quelques images bien dans le goût du jour :
Je compte bien regarder la suite dans la semaine et vous en parler car il vaut le détour pour qui aime s'amuser avec les contes. Je vous dis à demain... je coupe tout afin de pouvoir me consacrer à la lecture !

BILAN DU RAT
Hier soir, après la plaisante séance cinématographique, j'ai réussi, en une heure trente environ, à terminer cahin-caha Le Clairvoyage... Une centaine de pages lues. Je vais essayer de vous parler, dans la semaine, de ce livre (je prévois un billet spécial "livres du RAT" car je ne vais pas avoir le temps de proposer un billet/livre, impossible !). 
Du côté du défi 666, une partie des objectifs sont atteints, voire dépassés :
- 8 h de lecture en tout,
- 683 pages lues (une belle surprise !)
- 5 ouvrages lus (La Malédiction des Rowans, La Forêt mouillée de Toto Hugo, Suréquipée de G. Courtois, Le Signe de la lune et Le Clairvoyage). 2 BD donc, une pièce de théâtre et deux romans. 
Un bilan tout à fait satisfaisant, qui se marie bien avec l'ambiance très agréable de ce RAT. 
Je garderai en mémoire les échanges très sympathiques avec les copinautes et, entre autres : les encouragements fébrile de Syl. qui a parfois délaissé son chaudron pour venir nous réveiller, les aventures de "Lardon Premier", le retour en fanfare de L'Or en pleine forme pour ce RAT, le défi bougie de Hilde, le nom de la vilaine plateforme envoûtée (un nom à ne pas prononcer s'il vous plaît) qui a empêché nos deux grandes prêtresses de publier leur billet de suivi dès vendredi soir et les belles illustrations de Lili Goth vues chez Clarabel...
Merci encore à Hilde et Lou pour l'organisation. On recommence quand ?


Les billets des copinautes sont ici (tout le monde peut aller les encourager) :
Arieste
Kiona Seelie

lundi 9 octobre 2017

La Fuite de Paul-Bernard Moracchini


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     Entre mes deux déceptions de la rentrée littéraire 2017 (pour les plus courageux, billets ici et ), il y a eu la lecture fébrile de La Fuite de Paul-Bernard Moracchini, écrivain niçois. Après des vacances passées loin du monde et des "réseaux", qu'ils soient hertziens ou numériques, ce premier roman ne pouvait que me parler. En effet, il s'agit de l'histoire d'un homme qui décide de fuir la société moderne pour partir, nouveau Walden, vivre au fond des bois. Le roman s'ouvre donc sur son départ en train. Les contemporains de cet homme en fuite (on ne sait trop, au départ, quel est le sens de cette échappée) ne trouvent décidément pas grâce à ses yeux. Son regard sur eux mélange mépris et lucidité, mais aussi une sévérité intransigeante : "Ce qu'il y a de terrible... c'est qu'ils auront beau la suer toute leur vie, cette médiocrité, jamais ils ne l'élimineront, jamais !".
   Ainsi, le ton est donné. C'est avec un sens de la comparaison acerbe et cinglant que notre ermite part rejoindre le domaine forestier : "une fourmilière sous la pisse, c'est comme un cortège sous l'orage", lance-t-il, en route vers une hypothétique libération.
   Arrivé au fond de ses bois, il s'installe dans une vieille cabane et va vivre de la chasse. Au cours de ses nombreuses marches en forêt, il va rencontrer un chien qui va devenir son compagnon et qu'il va baptiser Lione. C'est d'ailleurs la chasse qui va donner la scène la plus marquante du roman, celle de la rencontre avec un "maquin", vieux sanglier rusé qui a plus d'un tour dans son sac. Mention spéciale ici à l'utilisation intelligente, et poétique parfois, de mots venus du fond des âges, mots de la chasse ou de la langue d'oc. Ils disent la nature, les arbres qui parlent et les sentiers empruntés par les bêtes. Et le lecteur les emprunte, ces sentiers, happé qu'il est par l'histoire de cet homme solitaire. Et tout en suivant la mise en place de son "économie de subsistance", on découvre petit à petit son ancienne vie. Des fragments de vie épars permettent de reconstruire ce qui a pu le mener à ce départ radical
   Mais de manière subtile s'opère un changement qui nous fait ensuite basculer dans une histoire qui m'a rapidement fait penser au Horla de Maupassant. Alors bien sûr, ceux qui connaissent ma passion pour le grand romancier naturaliste, se doutent que cela n'aura pas gâché mon plaisir... mais n'aura fait que le renforcer ! Je ne vais pas vous dévoiler plus avant cette histoire "d'âme perdue"... Je vous invite simplement à vous précipiter sur cette petite perle de la rentrée littéraire, qui propose une vraie réflexion tant sur la société contemporaine que sur notre capacité à nous en éloigner. Un petit roman de 150 pages qui a du coffre, lu en une journée, et qui tisse encore sa toile autour de ma mémoire. Autour de lui volètent quelques mots inconnus comme "draille", "maquin", "banne", ils sentent bon les sous-bois et les feuilles mortes qui craquent sous les pattes d'un chien trottinant dans la brume du petit matin...

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samedi 7 octobre 2017

Les Talons rouges d’Antoine de Baecque

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     Un roman historique qui se déroule durant la Révolution française, cela ne se boude pas. C’est donc avec enthousiasme que j’ai commencé ce livre d’Antoine de Baecque, historien ayant déjà consacré une trilogie à cette période historique aussi passionnante que foisonnante (Le Corps de l’histoire, La Gloire et l’Effroi et Les Éclats du rire).
   La lecture des cinq premiers chapitres a été très agréable, réservant une surprise de taille : les « talons rouges » se révèlent être des vampires. Il s’agit de la famille Villemort (il faut reconnaître que leur nom les prédestine à se vouer à la Grande Faucheuse), une lignée de nobles unis par leur goût pour le sang. Toutefois, dans le tourbillon révolutionnaire, les différents membres de la famille se rangent dans des clans différents. Ainsi, William, l’oncle revenu des Amériques, prend parti pour la République naissante. Accompagné par un esclave affranchi, Télémaque, il épouse la cause des abolitionnistes. Louis, son neveu, s’exalte dans un tourbillon d’actions tout autant que dans une histoire d’amour. 
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Lestat le vampire (film)
   Il faut avouer que l’ambiance fin de règne se prête particulièrement bien au carnage vampirique. La fureur révolutionnaire se marie à merveille avec la soif de sang qui caractérise les non-morts aux dents longues. Les cent premières pages, baignées dans une aura sulfureuse, se lisent assez fébrilement. Leur intérêt s’ancre dans la découverte du contexte historique mais doit aussi beaucoup au personnage d’Eugénie, lisez donc :
« Au moment où il jouit et où elle plante, dans le même instant exactement, ses deux incisives dans la veine, l’homme voit, dans un ultime éclair de lucidité, le visage et le haut du corps d’Eugénie se couvrir de rides, de plaques sombres, la peau s’asséchant immédiatement comme un parchemin et les cheveux prenant à toute vitesse une couleur grisâtre. La jeune femme se métamorphose soudain : elle est devenue immensément vieille, se revêtant d’une beauté flétrie, revenue de très loin, héritée des temps immémoriaux. »
   Hélas, tout se corse à partir du sixième chapitre qui nous fait entrer de plein pied dans l’histoire révolutionnaire, si bien que l’on ne sait plus très bien si l’on se trouve dans un roman ou dans un livre d’histoire. Les détails historiques deviennent si nombreux que l’on perd contact avec les personnages. L’action révolutionnaire remplace la vie des êtres fictifs et le lecteur décroche, ayant perdu le fil qui le reliait aux « petites bobines vivantes ». Autant la lecture de la première partie m’a enthousiasmée, autant la suite m’a ennuyée, si bien que j’ai fini par refermer le livre, après plusieurs reprises et abandons.
   C’est vraiment dommage car l’idée était excellente et l’auteur possède un véritable talent pour faire revivre l’histoire. Toutefois, la composition d’un roman historique se tisse sur un savant dosage Histoire/fiction qui n’est pas facile à manier… Il s’agit ici d’un premier roman, on peut donc penser qu’il n’a pas été facile de trouver la subtile alchimie qui permet au lecteur d’entrer complètement dans le récit… et d’y rester !
   Il y a pourtant de très bons moments, comme ce passage de la page 173 où la métaphore fantastique reprend le dessus, tout en disant beaucoup sur la marche révolutionnaire, mortelle à plus d’un titre (c’est le cas de le dire) :
« Les zombies vaudous portent une revendication (on parle ici des esclaves affranchis qui hantent les pavés parisiens) : ils sont là, de plus en plus nombreux, pour dévorer les vivants, c’est-à-dire la chair de la France trop riche des planteurs, des colons et des rentiers, qui refusent de voir la misère, l’esclavage, refusent d’arrêter la traite des nègres. Cette zombification est à la fois terrible, échappant aux forces de la raison, et exemplaire, car elle porte la justice et la réparation de la pire des violences. (…) Tant qu’il n’y aura pas abolition et réparation, il n’y aura pas d’espoir de rémission. »

http://www.myloubook.com/archive/2017/09/30/le-recapitulatif-du-challenge-halloween-2017-5984861.html

   Cette lecture abandonnée m’a surtout donné envie de me replonger dans l’Histoire de la Révolution, ce qui n’est déjà pas si mal ! Merci donc aux éditions Stock pour cet envoi qui prend tout naturellement sa place dans le challenge Halloween organisé par Hilde et Lou… On ne pouvait trouver meilleure entrée dans le mois frissonnant !….
L'avis (négatif aussi) d'une bibliothécaire ICI.

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dimanche 1 octobre 2017

Lecture commune - Les Contes d’Andersen



     Voilà une lecture qui m’a réservé bien des surprises ! Tout d’abord concernant la biographie du conteur. Car Andersen n’était pas seulement conteur. Tenant ces textes pour des écrits mineurs, il fut également dramaturge, poète, romancier, journaliste mais aussi autobiographe, tout en étant un diariste régulier qui laissa un Journal intime de 4500 pages (encore plus fort que Gide) ! 

Il a rédigé 173 contes et nous ne connaissons, le plus souvent, qu’une part infime de sa production. La première série est publiée en 1835, il a alors 30 ans. Deux petits ouvrages  de Contes racontés aux enfants (on y trouve, entre autres, « La Princesse au petit pois ») paraissent et il va être fort surpris par le succès qu’ils rencontrent !

   Andersen est né à Odense, en Fionie, au Danemark. Fils d’un cordonnier et d’une lavandière, l’homme était présenté comme assez étrange, solitaire et présentant un physique particulier, tout en longueur (on pense à sa description de L’Ombre dans le conte éponyme). Issu d’un milieu pauvre, il dut très tôt apprendre à se débrouiller seul. L’héritage familial est plutôt corsé : une mère qui deviendra alcoolique, un grand-père fou, un tante prostituée, etc… Cela ne l’empêchera pas, à 13 ans, de monter à Copenhague, la capitale. Aidé par des protecteurs, il y sera tour à tour chanteur, danseur, acteur. A 17 ans, il entre au lycée. Il y souffrira terriblement de la différence d’âge avec ses camarades. C’est en 1831 qu’il entreprend un premier voyage, en Allemagne. Il en rapportera un récit de voyage et une passion pour cette activité qui marquera son existence. De 1833 à 1835, il voyage dans toute l’Europe et rencontre Victor Hugo, H. Heine, Bertel Thorvaldsen (un grand sculpteur islandais). Ce périple lui inspire L’Improvisateur, le roman qui va consacrer son succès. En 1840, il tombe follement amoureux de Jenny Lind, « le rossignol du nord », une cantatrice suédoise, mais cet amour n’est pas réciproque. Il sera à l’origine des contes comme « Le Rossignol » ou « L’Ange ».
Jenny Lind

   Dans sa préface de 1993 pour l’édition Folio, Régis Boyer insiste sur la manière dont les contes (et ses autres textes) sont marqués par une « subjectivité triomphante et écrasante ». On comprend mieux alors les motifs récurrents qui renseignent sur les obsessions de l’auteur. Hans Brix dira même de lui qu’il a peint plus d’autoportraits que Rembrandt lui-même… Cette soif de se dire se couplait avec un amour des distinctions lié à son désir de reconnaissance (relire « Le vilain petit Canard »…).

   Il faut rappeler également qu’Andersen s’inscrit dans une longue histoire, celle de la riche histoire littéraire des Scandinaves, commencée avec les sagas islandaises. Nos amis d’Europe du Nord présentent une verve narrative qui ne s’est toujours pas démentie et on retrouve chez le conteur qui nous intéresse les thèmes qui lui sont propres : le culte de la nature, la magie, les êtres merveilleux (elfes, trolls…). Les arbres y trouvent une place de choix comme dans le triste conte intitulé « Sous le saule ». 
Librería el Kiosko: Hans Christian Andersen
Andersen

   L’auteur meurt en 1875, d’un cancer du foie. Le roi du Danemark viendra le voir alors qu’il est alité. Il avait 70 ans et il aura passé 9 ans de sa vie à voyager en Europe ! Ses derniers mots tracés à l’écrit seront pour son Journal.  
   L’édition proposée par Régis Boyer, chez Folio, propose une sélection de contes (31 sur les 173 connus) qui sont classés dans l’ordre de leur publication. On y trouve bien sûr les histoires les plus connues comme « La Princesse au petit pois », « La Petite sirène », « La Petite fille aux allumettes », etc. La première surprise de cette lecture aura été de découvrir des contes beaucoup plus noirs que le sont les adaptations proposées de ces textes. « La Petite Sirène » par exemple, s’avère d’une tristesse qui nous éloigne à pas de géant de la mièvrerie de Walt Disney. On se prend d’ailleurs à penser que l’on ne raconterait pas toutes ces histoires à des enfants. La deuxième surprise s’est nichée dans la poésie de textes qui, tout en étant très fluides et d’une lecture aisée, proposent un univers où la fantaisie s’infiltre partout. C’est un monde qui chante et qui parle. L’aiguille comme le bouquetin parlent, chantent ou philosophent encore mieux que les pauvres humains qui se débattent dans un monde qui les dépasse. Et dans ce monde, la Nature s’avère souvent la plus forte. Pour s’en convaincre, il suffit de lire « La Vierges des glaces », superbe texte que je suis ravie d’avoir enfin lu. Ode à la joie de vivre, ce conte ramène aussi l’humain à sa juste mesure face à la montagne et au froid. Il nous rappelle qu’il n’est pas toujours bienvenu de vouloir défier les éléments. Enfin, surprise de taille, la noirceur extrême de certains contes qui s’apparentent au genre du romantisme noir. J’ai ainsi particulièrement goûté « L’Ombre » qui propose l’histoire d’un homme dont l’ombre va prendre vie. On y plonge dans un fantastique gothique mâtiné de poésie. Pour conclure, j’ai voyagé avec délices dans cet univers où les arbres voyagent et où les vilains petits canards finissent par se transformer en cygnes magnifiques. Si vous en avez l’occasion, ne vous privez pas de cette lecture ! 
Lecture commune : les billets de Claudialucia et Nathalie.
https://bruitdespages.blogspot.fr/2017/07/challenge-litterature-nordique.html
Et j'avais oublié que ce billet entre aussi dans le challenge romantique de Claudialucia...

jeudi 21 septembre 2017

Lectures communes pour le challenge nordique



       Bonjour à toutes et tous,
     Alors que l'automne pointe le bout de ses feuilles dorées, je viens vous proposer quelques lectures communes pour le challenge nordique, en attendant l'hiver qui sera marqué par les polars venus du froid. Je vous propose donc un livre par mois jusqu'au 21 décembre :
- pour le 1er octobre, je vous rappelle que les Contes d'Andersen sont au menu.
Participantes : Margotte, Nathalie et Claudialucia. 

- J'avais évoqué une pièce d'Ibsen. Je propose de lire Une Maison de poupée pour le 15 novembre.
Participantes : Margotte, Nathalie, Adrienne et Maryline. Claudialucia nous suit pour une autre lecture d'Ibsen, ayant déjà lu Une Maison de poupée.

- Et pour marquer le solstice d'hiver, j'ajoute pour le 21 décembre Le Palais de glace de Tarjei Vesaas.
Participantes : Margotte et Anne. Claudialucia nous suit pour une lecture de Tarjei Vesaas (titre non encore choisi).

   Alors bien sûr, vous pouvez vous inscrire (inscription sur ce billet) même si vous ne participez pas au challenge nordique ! Vous pouvez même utiliser le logo concocté tout spécialement pour l'occasion.
Bonnes lectures et bonne fin de semaine,
Margotte




dimanche 10 septembre 2017

Je voyage seule de Samuel Bjørk


   Pour une fois, je suis d’accord avec une citation hyperbolique d’une quatrième de couverture. « Le nouveau phénomène de la littérature scandinave policière ! » s’extasie un journaliste de L’Éveil normand. Et il faut reconnaître que pour un premier roman, c’est un coup de maître. Il peut rivaliser sans problème avec ses concurrents pourtant nombreux…

L’histoire

Une fillette est retrouvée assassinée. Elle a été pendue à un arbre avec une corde à sauter et porte autour du cou une pochette avec un message - comme celle que promènent les enfants seuls dans les avions – qui annonce : « Je voyage seule ». Plus étrange, elle porte des habits totalement désuets qui paraissent tout droit sortis d’un conte où évoluent des princes, des princesses, mais aussi de vilains ogres ! Ce crime odieux va mettre la Norvège en émoi, d’autant plus qu’il va vite être suivi par d’autres meurtres du même genre. 
 

Trois bonnes raisons pour le lire


  • Les personnages. Je me suis attachée immédiatement aux personnages qui composent l’équipe policière. Il y a Holger Munch, policier bourru comme je les aime. Son ancienne collègue, Mia Kruger, trimbale des casseroles et une histoire compliquée mais intéressante. Munch l’a sortie de l’île d’Hitra où elle était partie panser ses plaies. Ce sont surtout ces deux-là qui occupent le devant de la scène dans ce premier opus mais l’on devine de Gabriel, le hacker asocial, présente un potentiel qui ne manquera pas d’être développé dans les histoires à venir.
  • Le dynamisme narratif. On ne s’ennuie pas et sans parler de page turner, on est happé à la fois par l’enquête et par le passif des personnages principaux que l’on prend plaisir à découvrir. Il y a bien quelques poncifs du polar mais j’ai envie de dire que cela fait un peu partie du jeu et qu’ici, ils permettent de mieux s’installer  dans le genre…
  • Les milieux décrits. J’ai trouvé l’utilisation de la religion originale. Apparaît en effet dans ce premier volume une secte. Mais l’on navigue aussi du côté des maisons de retraite et l’auteur fait assez bien passer le désarroi qui règne parfois dans ce genre de « maison ».

  L’auteur, de son vrai nom Frode Sander Øien, a écrit deux autres romans. Il a de nombreuses cordes à son arc puisqu’il est également dramaturge, peintre, chanteur et compositeur. Le Hibou, son deuxième polar, est sorti en grand format en 2016, et un troisième opus vient de sortir en traduction anglaise seulement. J’attends donc avec impatience la version poche de la deuxième enquête du duo Mia-Holger ! Avec un peu de chance, cela sera pour cet été (billet rédigé avant l'été, et hélas, j'attends toujours la sortie en poche...).


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