vendredi 17 novembre 2017

Une Maison de poupée d'Ibsen


   Ibsen, petit bourgeois né en 1828 à Skien, a composé une œuvre forte marquée par la philosophie de Kierkergaard (mais il aimait aussi Voltaire !). Amateur de sagas islandaises, il a été nourri de ces textes où l'homme se dresse contre un destin contraire. C'est contre la société et ses miroirs trompeurs que Ibsen se dresse, exaltant une vie sans contrainte. Helmer, le mari de Nora, dans la pièce qui nous intéresse aujourd'hui, représente les attitudes superficielles qu'il veut dénoncer. 
   Le dramaturge norvégien a fait partie du mouvement de libération le "genombrott". Cela lui vaudra un exil de vingt-sept ans en Europe de l'Ouest. Metteur en scène au début de sa carrière, il a apporté un grand soin aux indications scéniques de ses pièces. Il possédait de nombreuses capacités artistiques puisque on lui attribut aussi une soixantaine de tableaux. Il a composé des recueils de poésie et dessiné lui-même des décors pour ses pièces.
Une maison de poupée, écrite en Italie, fut jouée pour la première fois à Oslo en 1880. La pièce provoqua de nombreuses réactions venues de tous les bords... des juristes aux psychanalystes. Elle s'inspire, comme Madame Bovary et bien d'autres œuvres littéraires, d'un fait divers réel. Une certaine Laura Kieler, pour sauver son mari malade, fit un emprunt (en secret), pour sauver son mari malade. Ce dernier, après avoir découvert l'affaire, demanda le divorce (au lieu de la remercier). 
La distribution de la pièce est simple et efficace : huit personnages dont "les trois jeunes enfants de Helmer". L'action se passe chez ce dernier. La première scène s'ouvre sur "Une maison confortable et de bon goût, mais sans grand luxe". C'est la période de Noël. Nora entre chez elle les bras pleins de paquets et elle est accueillie joyeusement par son mari Helmer qui lui lance des noms d'oiseaux comme "mon étourneau" ou "mon alouette" pour se moquer de ses tendances à la dépense. Arrive de manière inopinée Mme Linde, veuve sans le sou que Nora se propose d'inviter pour Noël. On apprend au travers de leurs échanges que la famille de Nora a traversé une période très difficile. Helmer a été gravement malade et ils sont partis dans le sud d'où il est revenu guéri. Ils avaient pourtant de gros problème d'argent...
Je ne reviendrai pas ici sur l'aspect féministe de la pièce déjà souligné avec brio par les copinautes ayant participé à cette LC dans le cadre du challenge nordique.  Quel texte ! J'ai pris un grand plaisir à découvrir cette pièce lue très vite. Le texte, en prose, est d'une fluidité extrême et la traduction de Régis Boyer doit être excellente je pense ! Je ne peux donc que vous conseiller la version proposée chez Garnier-Flammarion qui, en plus, propose un dossier passionnant. Je n'ai qu'une envie, découvrir d'autres pièces de l'auteur et j'envisage bien sûr une 2e lecture commune sur le théâtre d'Ibsen. Je la proposerai lorsque mon emploi du temps sera plus paisible...
Participaient également à cette lecture commune Adrienne, Marilyne, Nathalie, Claudialucia (qui a finalement rédigé un beau billet sur Tarjei Vesaas).


32 commentaires:

  1. le comble, c'est qu'elle passe pour étourdiment dépensière, alors qu'elle économise sou à sou pour rembourser l'emprunt réalisé dans le but de payer ce séjour salvateur en Italie à son mari!
    (j'ai lu des critiques qui n'avaient même pas compris cet aspect du personnage...)
    contente d'avoir enfin lu cette oeuvre, grâce à ton challenge :-) Merci!

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    1. @Adrienne : oui tout à fait ! Et il faut reconnaître que le mari paraît assez insupportable... Enfin, la pièce est d'une étonnante modernité !
      Je n'en reviens pas de ce que tu dis de certaines critiques ! C'est pourtant très clair dans le texte, qui n'est pas d'une difficulté extrême.
      Et comme toi, je suis ravie d'avoir -enfin- lue cette pièce :-) Cela a du bon, les challenges ;-)
      Bon we !

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  2. Un auteur que je n'ai jamais lu, merci de me donner envie de le découvrir.

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    1. @Alex : cette pièce est vraiment facile à lire, tout en étant intelligente alors il ne faut pas s'en priver ;-)

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  3. Oui, une belle pièce, en effet! Et je serai toujours partante pour une LC sur Ibsen. J'ai aussi lu La cane sauvage et la dame de la mer (Très féministe aussi) pièces que j'ai beaucoup aimées. J'aime moins Hedda Gabler à cause du personnage féminin tellement antipathique.

    La prochaine fois donc je lis une pièce d'Ibsen.

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    1. @Claudialucia : cela va être difficile de trouver un titre que tu n'as pas lu alors pour une prochaine LC sur Ibsen... Il y a encore "Peer Gynt". Je vais regarder tout ça de plus près lors d'un prochain passage en librairie. J'ai très envie de découvrir Hedda Gabler après avoir lu le dossier du GF !
      Et j'ai bien noté que la prochaine fois, tu lis du Ibsen ;-)

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  4. j'ai beaucoup aimé moi aussi et j'avais vu, il y a quelques années une mise en scène réussie.

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    1. @Violette : un coup de coeur intense pour moi ! Du genre de celui qui fait qu'on ne lâche plus un auteur ensuite... Me reste à voir des mises en scène maintenant.

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  5. Partante aussi pour un second rendez-vous Ibsen. La lecture d'Hedda Gabler m'a mise mal à l'aise, elle tourne encore dans ma tête cette lecture ( réflexion qui ajoute à la tentation, non ;)). Et merci pour ce beau billet qui m'apprend, notamment, que H.Ibsen était également peintre. En lisant la pièce, j'ai pensé à Madame Bovary mais je n'ai pas osé le rapprochement.

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    1. @Marilyne : je vais prendre une autre pièce peut-être, si tu as déjà lu Hedda Gabler ? ah je crois que cet auteur, on ne le lâche plus quand on l'a découvert et apprécié ! Bonne soirée à toi.

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    2. Et pourquoi pas un rendez-vous Ibsen avec une pièce au choix, comme ça, nous pourrions découvrir les unes chez les autres ( bon, c'est juste une idée, et tu fais à la tienne d'idée, tu es l'inspiratrice :))

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    3. @Marilyne : mais oui ! c'est une excellente idée ! Je vais programmer ça pour début 2018... tu peux commencer à flâner devant les rayons Ibsen ;-)

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  6. Je l'ai lu il y a longtemps mais j'en garde le souvenir d'avoir apprécié la pièce surtout sur la fin (qui m'a fait revoir toute la pièce sous un autre angle).

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    1. @A_girl : oui, la fin permet de tout remettre en perspective ! Ah quelle pièce !

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  7. J'ai du mal à lire des pièces, mais d'après ce que je comprends, c'est facile dans le cas présent ?

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    1. @Aifelle : oui, très facile, cela coule vraiment. C'est rare je trouve au théâtre une lecture si aisée... N'hésite pas à te lancer sur cette pièce ! Ou peut-être pour la prochaine LC Ibsen ?

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  8. J'ignorais tellement que c'était inspiré d'un fait réel (ça a du bon les dossiers pédagogiques !). J'ai surtout été impressionnée par le début qui est d'une banalité affligeante (il faut m'entendre soupirer dans ces cas-là), voire franchement mièvres et la fin ! J'ai dévoré les dernières pages.

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    1. @Nathalie : oui, en plus Ibsen s'est également inspiré de l'histoire d'une proche... Oui mais une banalité au service de la dénonciation. Cette femme vit une fausse existence d'une banalité, en effet, affligeante, jusqu'au sursaut final ! Et de ce point de vue là, quelle modernité... Comme toi, je l'ai dévoré, mais dès le début ;-) Bon we !

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  9. j'ai beaucoup de mal à lire du théâtre, je n'ai vu la pièce qu'une seule fois et j'en garde un très très bon souvenir

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    1. @Dominique : il faut dire aussi que le théâtre est avant tout fait pour être vu... Enfin, pour cette pièce, quel plaisir de lecture ! Je vais essayer maintenant de voir une mise en scène.

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  10. Rien lu de cet auteur mais j'ai ses pièces dans ma PAL

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    1. @Maggie : c'est déjà un premier pas ;-)

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  11. Là tu me tente terriblement �� bien que je lise très (très) peu de théâtre ! Et tiens, la couverture me dit quelque chose ��

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    1. @L'Or : j'en lisais peu avant mais c'est on y prend goût, et une fois que le pli est pris... on ne s'en lasse plus ! Bonne semaine !

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    1. @FondantGrignote : c'est ce que je me disais aussi, le challenge aura permis de s'y mettre...

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  13. Je n'ai pas lu cette traduction-là, j'essaierai de me la procurer, c'est une pièce forte. "Hedda Gabler" montre une tout autre héroïne. "Un ennemi du peuple" n'a rien perdu de son actualité. Bref, bonne continuation dans l'exploration de l'univers d'Ibsen, Margotte.

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    1. @Tania : oui, très forte ! un vrai coup de cœur pour moi ! Et je crois que Hedda Gabler va être ma prochaine lecture de cet auteur que je veux vraiment découvrir plus avant. Bonne journée Tania :-)

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  14. J'avais aussi été bouleversée à la lecture de cette pièce remarquable. Je n'ai jamais relu Ibsen depuis, mais c'est sans doute un tort.

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    1. @Lilly : effet très fort pour moi aussi ! Et je vais continuer à lire cet auteur, enfin, je vais essayer... Les LC pour cela, ont du bon :-)

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  15. Tiens, j'étais passé à côté de ce challenge! Et pourtant il y a là certains de mes auteurs préférés. Je mes suis embarqué l'an passé dans une lecture intégrale du théâtre d'Ibsen, mais je me suis arrêté en route - les sollicitations livresques sont trop nombreuses :-) Replonger en tout cas dans cet auteur à l'occasion d'une LC future me dirait bien.

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    1. @Cléanthe : oui, c'est tentant une lecture intégrale d'Ibsen et je comprends tout à fait ton enthousiasme ! La prochaine LC sera une lecture au choix, l'occasion de lire l'un de ceux que tu n'as pas encore lus ;-)

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