vendredi 20 décembre 2013

Joyeuses fêtes !


          Chères copinautes,

   Je vous abandonne en compagnie de ces joyeux greffiers car je vais, moi aussi, partir faire bombance et attendre mes cadeaux. Je reviens vous voir pour la nouvelle année. Je vous souhaite de douces fêtes avec joie, repos, et éventuellement des livres...
A très bientôt,

Margotte

mercredi 11 décembre 2013

Le Château de Pictordu de George Sand


Vous aimez les contes et les histoires fantastiques ? Les dames noires qui hantent les vieilles pierres vous font frémir ? Vous avez un faible pour les statues qui parlent ? Alors ce livre est pour vous. Je ne connaissais absolument pas cette historiette écrite par George Sand pour sa petite fille Aurore âgée de sept ans. L’écrivaine a soixante-neuf ans lorsqu’elle rédige durant l’hiver 1873 ce conte paru sous la forme de feuilleton dans Le Temps. Il prendra ensuite sa place dans le premier volume des Contes d’une grand-mère.



L’histoire suivie de mon avis



M. Florchardet, peintre de son état, ramène du couvent sa fille unique de huit ans, Diane. Cette dernière a été placée en pension car sa belle-mère, Laure, une femme aussi frivole que peu maternelle, préfère s’occuper de rubans plutôt que d’une petite fille qui a le malheur d’avoir envie d’autre chose que de servir de poupée que l’on habille de frous-frous.

Lors du voyage qui mène le père sa fille et leur cocher près d’Arles, alors qu’ils traversent le Gévaudan, la voiture est victime d’un accident qui oblige le trio à passer une nuit au château de Pictordu. L’endroit est abandonné et presque entièrement en ruines. La petite fille, fiévreuse lors de son arrivée au château, croit apercevoir une « Dame au voile » après avoir vu une statue l’inviter à entrer dans la demeure… Les lieux sont-ils véritablement hantés, comme l’affirme une légende tenace ? Qu’adviendra-t-il de Diane, jeune fille orpheline de mère en route vers la demeure paternelle ? Qui est la « Dame au voile » ? Autant de questions qui rendent la lecture de ce texte bien agréable !

On retrouve ici ce qui fait le charme de la littérature du XIXe, une écriture à la fois exigeante et limpide. Écrit pour un journal, le texte de divise en dix chapitres titrés qui invitent toujours à poursuivre la lecture… On ne s’ennuie pas une seconde, et on s’amuse à retrouver les motifs propres au fantastique de l’époque : une fresque qui s’anime, des fantômes, une statue qui bouge, etc. La lecture fut d’autant plus agréable qu’elle associe au plaisir lié à l’intrigue un plaidoyer pour l’éducation des filles bien éloigné des standards de l’époque. George Sand milite ici pour l’égalité homme/femme et souhaite que les filles puissent se consacrer à l’art, quel qu’il soit, de la même manière que les hommes.



Extrait



« A peine avait-elle pensé cela, que la lanterne s’éteignit et qu’elle vit une grande belle clarté bleue, comme celle de la lune, traverser la salle ; et dans ce rayon de lumière douce, elle vit que la danseuse antique avait quitté la muraille et venait à elle.

Ne croyez point qu’elle en eut peur, c’était une forme exquise. Sa robe faisait mille plis gracieux sur son beau corps et semblait semée de paillettes d’argent : une ceinture de pierreries retenait  les pans de sa tunique légère ; un voile de gaze brillante était roulé sur sa chevelure qui s’échappait en tresses blondes sur ses épaules blanches comme neige. On ne pouvait distinguer son visage à travers cette gaze, mais il en sortait comme deux pâles rayons à la place des yeux. Ses jambes nues et ses bras découverts jusqu’à l’épaule étaient d’une beauté parfaite. Enfin la nymphe incertaine et pâlie de la muraille était devenue une personne vivante tout à fait charmante à regarder. »

dimanche 8 décembre 2013

Marathon d'hiver de lecture - J2 : Dimanche 8

Marathon de lecture de Noël

11 h - Un début tardif !

     Début tranquille et tardif ce matin cause retour franchement nocturne (ou matinal, au choix...) après une soirée chez des amis. L'esprit légèrement embrumé, un polar s'impose pour reprendre ce marathon de lecture d'hiver. J'ai donc passé une heure à continuer ma lecture de :



Je suis arrivée à la page 239 alors que j'arrête ma lecture et suis complètement sous le charme de ce livre ! Il fut bien difficile de le lâcher pour songer à travailler... Je vais quand même essayer de continuer un peu ce marathon dans la journée. A suivre... et bon dimanche à tous :-)

21H30 - Une journée à travailler...

Comme vous avez dû le voir, je ne suis pas revenue vous donner la suite de mes aventures livresques.... pour la bonne raison qu'elles ont disparu sous l'avalanche de travail et de préparations diverses pour demain. Exit donc la fin de L'enfant aux cailloux, cela sera pour un autre jour ! J'ai aimé dans cette affaire mon enthousiasme matinal qui avait comme ainsi dire gommé toute trace d'obligation... Ah, l'aveuglement de la blogueuse passionnée....

Bilan de la journée et du we

Une heure de lecture et 124 pages lues aujourd'hui : c'est toujours ça, car ce fut intense !
Sur le week-end : 4 heures très agréables et 504 pages lues (un bon pavé classique). Je n'ai toujours pas terminé L'enfant aux cailloux, mais c'est l'objectif de la semaine ;-)



samedi 7 décembre 2013

Marathon d'hiver de lecture - J1 : Samedi 7


 Marathon de lecture de Noël
10H - Début de ce marathon de lecture d'hiver

     Je n'ai pas vraiment de lecture "prévue". Comme je suis en catégorie "Let it snow", l'ambiance sera frivole... Je vais lire au gré des envies, sans doute une heure ou une heure 1/2 ce matin, avant de partir faire quelques courses. Je viendrai donc en fin de matinée ou début d'après-midi rafraîchir ce billet et faire un bilan de la matinée. Je vous souhaite un excellent marathon et un très bon week-end pour les autres ! 

11H - Un début monstrueux !

     Pour commencer en douceur (une douceur très spéciale, comme vous allez le découvrir), j'ai attaqué ce RAT hivernal avec un album jeunesse québecois :


Dévoré rapidement et sans fausse route. Une chouette idée de cadeau de Noël, à offrir sans modération... Pour rester dans l'ambiance, j'ai continué avec P'tit Cousu, La parade des monstres de Guy Bass (drôle comme seuls les Anglais savent le faire en littérature jeunesse : j'adore !).


12H - Changement de style

Après avoir terminé P'tit Cousu (décidément une vraie réussite, que je conseille aussi en cadeau de Noël, dès 8 ans), j'ai repris un livre déjà bien entamé que je compte finir aujourd'hui :


 J'achève cette première matinée en laissant ce livre que je reprendrai cet après-midi ! Finalement, deux heures ce matin... comme quoi, quand on aime... (et les courses attendront...).

15H30 - La dernière heure 

Pour me remettre en train, une lecture que j'avais en projet depuis longtemps : Walking Dead, le tome 1, in english please, et en plus, avec lecture sur tablette. Je tiens à préciser qu'il s'agit d'un événement capital car dame Margotte est plutôt du genre ancienne économie et s'accroche au papier comme le bernique sur son rocher breton. Cette concession à la modernité a été une expérience plutôt agréable... qui sera donc peut-être suivie de nouvelles tentatives (m'enfin, la tablette en question n'était pas à moi...). Mais pour en revenir à Walking Dead, attention, ça décoiffe ! Et surtout, cela appelle la suite... que je n'ai hélas pas sous la main. Une bonne occasion pour aller à la bibliothèque renouveler ENFIN ma carte.


Après cette lecture "tonique", retour au romanesque avec la suite... et la fin de La mer et le silence. Quelle lecture ! J'ai terminé ce livre avec une boule dans la gorge, la larme à l'oeil, et, lecture précédente oblige, une vague envie de meurtre heureusement noyée par l'émotion... Je vous laisse deviner quel était le personnage concerné par mes pulsions agressives... J'en profite pour remercier Fransoaz qui a eu la bonne idée de faire voyager ce livre.
J'ai ensuite continué un moment un polar déjà commencé dans la semaine :

 

Bilan de cette première journée :

3 heures très agréables et 380 pages lues et/ou regardées puisque il y avait une BD et un album (sans parler de P'tit cousu agrémenté d'illustrations...). Je recommence demain, sans doute seulement le matin. J'ai bien l'intention de terminer L'enfant aux cailloux, un polar que je vous recommande vivement !

mercredi 4 décembre 2013

Des nouvelles du challenge Colette...

http://bruitdespages.blogspot.fr/2011/06/challenge-colette.html

   Voilà déjà un moment que je dois venir vous donner des nouvelles du challenge Colette lancé en juin 2011 (déjà !). Après avoir prolongé une première fois ce challenge d'un an, la date butoir est arrivée le 23 septembre 2013. Je vous propose donc un bilan de ce challenge : 20 blogueuses ont participé à cette aventure : 13 en niveau Bel Gazou, 3 en niveau Claudine, 1 en niveau Sido et 3 en niveau Vagabonde. Vingt-deux billets concernant l’œuvre de cette écrivaine ont été rédigés. J'ai pris grand plaisir à lire vos écrits sur cette grande dame de la littérature ! 
   Comme j'abandonne avec un peu de nostalgie ce challenge (mais je ne dispose pas d'assez de temps cette année pour continuer à m'en occuper), si l'un(e) d'entre vous veut prendre le relai, qu'il(elle) n'hésite pas à se faire connaître... 

Merci à toutes les participantes !

jeudi 28 novembre 2013

Lady Hunt d'Hélène Frappat



Il était une fois une Petite Blogueuse qui s’appelait Margotte. Nombreux étaient ceux qui aimaient venir lire ses chroniques sur Le bruit des pages. La Petite Blogueuse adorait les livres et les cadeaux dont elle ventait ensuite les qualités sur son blog. Une fois, Price Minister lui proposa de lui envoyer un livre avec un beau titre – Lady Hunt – et une couverture toute rouge et noire. La blogueuse trouva l’ensemble si joli qu’elle ne voulut plus lire autre chose.
Mais Olivier lui avait dit aussi : « Tiens, Petite Blogueuse, je te confie ce livre. Tu iras le lire afin de porter ensuite les mots du livre au delà de chez toi. Tout le monde va bien se régaler. Vas-y au plus vite. Attention, ne traîne pas trop car tu dois avoir rendu une chronique pour le 1er décembre. Prends bien garde à ne pas t’égarer en chemin, ne saute pas à droite et à gauche, sur d’autres livres tentateurs. Reste bien concentrée sur ce que tu dois faire. »

-    « Je serai sage et ferai tout pour le mieux », promit la Petite Blogueuse qui attendait déjà son livre avec grande impatience.

Il lui fallut faire montre d'indulgence car l’arrivée du cadeau avait été retardée. Mais pendant ce temps là, La Petite Blogueuse n’avais pu résister à la tentation. Elle était entrée dans une librairie et avait lu des romans policiers, et un très mauvais livre, mais aussi une œuvre grandiose : Les Chutes de Joyce Carol Oates, si bien qu’elle avait un peu oublié Lady Hunt.
Un jour, enfin, le livre arriva. Elle caressa la 1ère de couverture et contempla sans retenue l’image qui montrait des pieds chaussés de noir. Au dessus, une robe qu’elle imaginait froufroutante, noire aussi. Elle commença alors tout de suite sa lecture, qui, au début, l’enthousiasma. Qui pouvait bien résister à une histoire de vieille maison, peut-être hantée, associée à un monde onirique et presque fantastique ?
Elle essaya esseya. Elle n’avait pas peur d’une aussi petite bête qui ne pouvait pas lui résister et devait lui apporter cette joie de lecture qu’elle avait tant attendue. Mais ses efforts restaient vains. Après quelques chapitres lus fébrilement, le livre commença à l’ennuyer. Elle le laissa alors traîner, si bien que lorsqu’elle le reprit, elle ne comprit plus l’histoire.
Un jour, dépité de se voir ainsi abandonné, le livre s’adressa à elle :
-     « Comme tu sembles t’ennuyer, Petite Blogueuse. J’ai pourtant une belle couverture à regarder.
-     Oui mais cela ne suffit pas à faire un bon livre, répondit-elle.
-    Mais j’ai aussi une belle histoire de maison, avec de nombreuses visites d’appartements et une aventure amoureuse entre un homme et une femme !
-     Cela ne suffit pas non plus, répondit-elle.
-     Et les rêves alors, tu n’as pas aimé ?
-    Oh, c’était pour m’emmener bien loin, mais je suis restée chez moi, bien sagement, répondit-elle.
-     Mais alors, que te faut-il donc ?
-   La poésie et la vie lui répondit la Petite Blogueuse qui, tout en saisissant le livre, le fit disparaître à tout jamais, grâce à sa bibliothèque magique.

La Petite Blogueuse continua pourtant à écrire ses billets, et elle vécut heureuse, jusqu'à la fin des temps.


http://www.priceminister.com/blog/les-matchs-de-la-rentree-litteraire-2013-8774?t=2711261&s2m_exaffid=977275
Note attribuée : 11.5/20

mardi 26 novembre 2013

Le syndrome [ E ]


  Alors que vient juste de sortir de dernier thriller de Franck Thilliez, j’effectue un retour en arrière dans sa production. Après une découverte enthousiaste de l’auteur, à l’époque où il publiait encore aux éditions du rail, je l’ai suivi jusqu’à la Chambre des morts. Je suis revenue à son œuvre l’an dernier avec Vertige… qui m’a vraiment envie donné de rattraper mon retard. Car le bonhomme a fait du chemin depuis !
La trilogie scientifique dans laquelle je me lance prouve combien cet auteur maîtrise aujourd’hui à plein son art du suspense et d’élaboration de l’intrigue. Le syndrome [ E ] commence ainsi par histoire de film. Ludovic Sénéchal, l’ancien petit ami du lieutenant Lucie Hennebelle (personnage récurent d’une des séries de Thilliez), achète la pellicule d’un vieux film des années 50. Amateur et passionné de cinéma, il s’empresse de visionner le film… et devient aveugle après avoir regardé ce qui s’y trouvait !
Je ne dévoilerai rien de plus concernant une histoire qui, très vite, apparaît beaucoup plus retorse qu’elle en a l’air. Au fur et à mesure que s’épaissit le mystère, le lecteur s’attache à la fois à l’histoire et aux personnages car Lucie Hennebelle va bientôt être secondée par le commissaire Franck Sharko, lui aussi bien connu des amateurs de Thilliez.
Le duo de choc va mener une enquête dopée au Red Bull, entre l’Egypte, le Canada et la France. Entre les bidonvilles Cairotes et les orphelinats quebecois, nos deux compères vont mettre à jour une réalité bien effrayante issue tout droit d’expériences issues de la Guerre froide. De quoi rester scotchée sous la couette pendant un RAT de trois jours, je vous le garanti ! La lecture fut intense, je fais donc une petite pause avant de repartir en leur compagnie avec la suite de la trilogie, Gataca… à bientôt donc !

Extrait (les héros sont fatigués)
« Le policier s’exécuta. Sharko eut le sentiment que ce jeune en avait déjà trop vu, dans sa toute nouvelle carrière. Il était dans le bourbier dont il ne sortirait pas indemne d’ici quelques années. Tous les flics suivaient les mêmes rails, ceux qui plongeaient vers les gouffres et interdisaient toute remontée. Parce que cette saloperie de métier vous bouffait, vous digérait, jusqu’aux tripes.
(…)Sharko le gratifia d’un sourire sincère. Il aimait la naïveté de ces mômes, elle prouvait qu’il existait encore quelque chose de pur en eux, une lueur que l’on ne trouvait plus chez les vieux briscards, ceux qui avaient déjà tout vu. »

dimanche 17 novembre 2013

Noir sur la ville à Lamballe


Un petit tour au salon du polar de Lamballe, cela ne se refuse pas, surtout lorsque l'on est en panne de polars à lire et que l'on est bien accompagnée (j'étais avec Moustafette). Les auteurs étaient assez nombreux, avec les habitués, comme Jean-Bernard Pouy, installé à la même place que l'an dernier, idem pour Caryl Férey (ci-dessous en train de me dédicacer un opus du Poulpe !).


Les bonnes résolutions prises après le festival de Carhaix (j'ai bien dit "festival", ne m'imaginez pas avec un bonnet rouge, montée sur un portique et vociférant contre l'écotaxe...) ont fondu comme neige au soleil... et je suis revenue avec quelques poches dédicacés bien sûr ! Je n'ai maintenant qu'une envie : lire, et peut-être rédiger quelques billets très très noirs...


C'était Margotte, en direct ou presque de Lamballe... Bonne soirée à vous !

samedi 16 novembre 2013

Cinq jours de Douglas Kennedy



     Le moment que l’on choisi pour une lecture a son importance dans la réception que l’on a d'un roman… En ce qui concerne ce roman de Douglas Kennedy, il n’avait pas la tâche facile puisque je l’ai commencé juste après avoir terminé Les Chutes de Joyce Carol Oates (lecture dont je suis à peine remise, que lire après une telle œuvre ?…). Autant dire qu’il partait vaincu d’avance, mais j’ai essayé d’être objective... et franchement, malgré ces efforts, j’ai trouvé cela très mal écrit. 
   La lecture s’est déroulée à peu près de la manière suivante (je vais faire une liste comme certains, suivez mon regard, font des dialogues).

- 1er chapitre : ça commence bien ! « JE L’AI VU TOUT DE SUITE. LE CANCER. C’était là, sous mes yeux. » Non, ce n’est pas du fantastique. Pas de cancer incarné, seulement une radiologue, Laura, qui tout à coup en a marre d’annoncer des horreurs à ces pauvres malades. J’ai oublié de vous dire que tout cela se passe un JEUDI. C’est important (merci de faire le lien avec le titre…). A la fin du premier chapitre, une tenace envie d’abandonner cette lecture m’a tenaillée mais le fond masochiste de ma personnalité m’a invité à continuer parce que bon, en un chapitre, on ne peut pas juger d’un livre non ?

- Vendredi (p.81) : punaise ! c’est long ! Laura s’ennuie dans la vie et avec son mari qui vient de perdre son boulot (moi aussi avec ce livre) mais heureusement, elle vient d’être invitée à un colloque de radiologie. Chouette ! On y va ? Et qui va-t-elle rencontrer lors de son colloque ? Richaaaaaaaaaaaaard (vous remarquez le glamour ultime du prénom ?). Et là, tout à coup, accélération du rythme cardiaque et de celui de l’intrigue. Accélération qui conduit notre couple de tourtereaux dans un lit : crak boum uh ! et ils s’aimèrent.

- Arrêt sur dialogue (p. 220)

"-         Non ! Vous avez dirigé Trait de plume ?
-         Vous connaissez ?
-         Bien sûr ! J’ai fait partie du comité de rédaction, à mon époque.
-         Tien ! Vous y faisiez quoi, exactement ?
-         Responsable de la section poésie.
-         C’est dingue !"
Il y en a des pages entières, de ces dialogues… 

- Fin de l’ouvrage (ouf !) 
Je lorgne sérieusement en direction de mon livre, hélas terminé, de Joyce Carol Oates et je médite sur le talent et le style. Je vous épargne le détail de mes réflexions… simplement, ce type de roman ne prend absolument pas avec moi. Il faut croire que je n'ai pas le profil "Au féminin" où j'ai lu cette "critique" enamourée "360 pages qui tiennent en haleine les fans du genre" (ah ? C'est un "genre" ?). Alors certes, je n’ai peut-être pas choisi le meilleur moment pour le lire, mais je pense que même à un autre moment, cela n’aurait pas pris non plus… trop plat, trop convenu, trop prévisible, et, il faut le dire, trop mal écrit.

Je remercie tout de même les éditions Belfond (après ce billet, j’ai bien peur que je sois rayée de leur liste…) et Laura pour cette envoi.


mardi 12 novembre 2013

Les Chutes de Joyce Carol Oates

Dans l’œuvre d’un auteur, on trouve toujours des livres mineurs qui viennent mettre en relief les symphonies majeures, monuments que l’on peine parfois à lire ou que l’on hésite à aborder, question de taille, d’écriture… ou de disponibilité… Avec cet ouvrage de Joyce Carol Oates, j’ai l’impression d’avoir écouté l’une de ces symphonies. Dès les premières lignes, j’ai été complètement happée par une écriture fluide, tournoyante, égale aux tourbillons du Trou du diable si présent dans ce roman.
 
Extrait 1 – Un lieu


« (…) la verticale des Horseshoe Falls. L’endroit le plus dangereux de Goat Island, en même temps que le plus beau et le plus envoûtant. Là, les rapides sont prises de frénésie. Une eau blanche bouillonnante, écumeuse, fuse à cinq mètres dans les airs. Aucune visibilité ou presque. Un chaos de cauchemar. Les Horseshoe Falls sont une gigantesque cataracte de huit cents mètres de long, trois mille tonnes d’eau se précipitent chaque seconde dans les gorges. L’air gronde, vibre. (…) Votre cerveau, dans lequel vous résidez, ce réceptacle unique de votre moi, sera martelé jusqu’à être réduit à ses composants chimiques : cellules grises, molécules, atomes. Toute ombre et tout écho de souvenir abolis. (…) »

Tout commence par un voyage de noces, un jour de juin 1950, aux abords des Chutes du Niagara. Ariah, vierge de vingt-neuf ans et fille de pasteur, vient de prendre pour époux Gilbert Erskine. La veille, leur nuit de noces a été d’un ennui et d’une trivialité à mourir, tellement mortel qu’au réveil Gilbert Erskine part se jeter dans les bras des Chutes, à défaut d’avoir pu supporter ceux de sa toute nouvelle épouse. Lorsque Ariah prend conscience, après un réveil difficile, de la disparition de son jeune mari, elle va se mettre à hanter les abords de « L’eau qui a faim » (surnom donné aux Chutes par les Indiens).  La mariée aussitôt veuve va, durant toutes les recherches qui visent à retrouver le corps de son amant d’un soir, se transformer en « Veuve blanche des Chutes ». Sa résignation autant que son obstination vont en faire un sujet pour les journalistes et une attraction pour les touristes mais également attirer un brillant avocat qui tombe amoureux que l’étrange femme rousse des bords de l’eau qui gronde. Pour autant, la passion qui va les entraîner tout deux peut-elle se terminer autrement que par une chute ?

Horseshoe Falls
 
Extrait 2 – Le fleuve, métaphore de l’écoulement de la vie


« L’amour que Dirk éprouvait pour cette femme imprévisible l’envahit avec une telle force qu’il sentit le sol bouger sous ses pieds. Un instant, il put se croire sur le fleuve, dans une embarcation trop petite pour qu’il lui fût possible de la voir ou de la sentir. »

Dans cette œuvre magistrale de plus de cinq cents pages, Joyce Carol Oates aborde la plupart des sujets au centre de son travail littéraire comme la féminité, le poids du corps et celui des secrets mais aussi la violence des rapports de classe. Voyage de noces – Mariage – Famille : la trilogie que forment les trois chapitres principaux évoque une vie, celle d’Ariah, mais aussi celle de sa famille. Il s’agit d’une vaste fresque familiale donc, mais aussi de la vie d’une région qui s’épanouit autour de l’eau tonnante. L’histoire des Etats-Unis surplombe l’ensemble, comme si la malédiction qui semble peser sur Ariah était aussi celle du poids de la culpabilité des Américains face aux Indiens qui, eux, savaient parler à l’eau furieuse et apaiser son courroux tandis que les nouveaux arrivants ne savent que payer un tribut de suicidés à sa folle écume. Un grand roman, flamboyant et follement romanesque, comme je les aime !

Tableau de Robert Marsala
 Extrait 3 – Quand le corps gronde


« Le grondement s’amplifia dans les oreilles de Royall. Il était attiré dans les profondeurs bouillonnantes de la gorge. L’eau en folie en aval du Trou du Diable, où le bateau d’excursion ruait et roulait, où les femmes et les enfants hurlaient de peur et où Royall, lorsqu’il pilotait, gardait le cap, suivait précisément la route prescrite et finissait par les ramener au ponton.  A présent cette femme inconnue et lui étaient couchés ensemble sur le sol, dans l’intimité soudaine d’individus horizontaux dans les bras l’un de l’autre. Impossible de reculer. Pas d’autre direction qu’en avant. (…) »