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vendredi 13 avril 2018

Marathon de lecture "Un mois au Japon"

Lou et Hilde, notre duo de choc pour les mois thématiques, revient en force pour un mois au Japon assorti d'un RAT... Alors bien sûr, ceux et celles qui fréquentent ce blog et connaissent mes faiblesses savent que je ne pouvais PAS passer à côté ! En plus, j'ai au moins trois livres japonais dans ma PAL de l'Ancien Régime... l'occasion de les lire enfin (ou d'en lire au moins un). La seule contrainte de ce marathon de lecture s'arrête d'ailleurs à la lecture d'un ouvrage japonais. Pour plus de détails, rendez-vous chez nos deux organisatrices (lien ci-dessus).
Je vous retrouve donc ce soir, sans boîte à bento mais en espérant bien avoir attaqué un des romans de ma PAL !

Vendredi 13 avril 2018
20h30 - Début piano piano. J'ai commencé (et apprécié !) le premier livre extrait de ma PAL, Après les tremblement de terre de Haruki Murakami. 28 pages lues en 1/2h. Je sens que ce livre va être vite terminé. Mais pourquoi ne pas l'avoir lu avant ? là est la question...


Je vous retrouve plus tard si je tiens le coup, ou demain matin pour un bilan de la soirée.

Samedi 14 avril 2018
En fait de tenir le coup, hier soir, ce fut court (1h de lecture)... mais j'ai quand même lu trois nouvelles de Murakami, commencé un essai danois et continué un polar du nord qui était déjà en cours de lecture. Au total : 67 pages avant la fermeture des écoutilles qui fut rapide...



13h45 - Je vais continuer tout ça aujourd'hui, en sachant que je n'ai pas encore tourné une seule page, trop occupée par ailleurs ce matin. J'espère que l'après-midi sera plus axé sur la lecture ! Je vais retrouver un peu les copinautes et merci pour les supporters qui passent déposer de gentils commentaires d'encouragement !

18h40 - J'ose à peine faire un bilan de la journée... Après une prise de conscience difficile concernant le travail qu'il me restait à abattre avant lundi, j'ai pris un polar, je me suis attelée au labeur. Autant dire que les lectures du RAT en sont au point tristement mort. Mais j'espère bien me rattraper ce soir !  L'ambiance est-elle plus festive chez vous ? Je ne vais pas manquer de passer vous voir dans la soirée, ça me changera du boulot.

19h20 - Abandon lamentable dès la 2e mi-temps. La prise de conscience est dramatique côté travail en retard. je vous laisse et vous retrouverai en des temps meilleurs !

Bon week-end à toutes les marathoniennes et aux autres aussi

Les sportives du we :
- Lou
- Hilde
- L'Or rouge
- Nath


samedi 2 novembre 2013

Le Citron de Motojirô Kajii


     Si nous avons en France des auteurs qui savent parfaitement manier la prose poétique, rares sont ceux qui, comme les Japonais, peuvent y frôler la grâce. Ce recueil de nouvelles de Motojirô Kajii vient nous le rappeler avec éclat. 
L’auteur, troisième enfant d’une fratrie de six, né à Osaka à l’orée du XXe siècle (en 1901), décèdera à trente-quatre ans des suites d’une tuberculose. Trois autres enfants de la famille seront emportés des suites de cette maladie sans doute contractée auprès de la grand-mère paternelle qui en était elle-même atteinte. L’écrivain n’aura donc jamais le temps de rédiger des romans s’intégrant à une « nouvelle littérature prolétarienne japonaise », lui qui avait été bouleversé par la lecture de Marx. Son écriture n’aura pas eu le temps de se transformer… mais nous reste ces nouvelles imprégnées par l’aura de la maladie, où le souffle est précieux car chaque respiration est marquée par le temps gagné sur la mort.
Le recueil se compose de huit nouvelles de taille très variables mais toutes fortement teintées par la sensibilité. Tout vibre, chaque instant apporte son lot de changements subtils. J’avais l’impression, en lisant ces nouvelles de lire des haïkus développés sur plusieurs pages. Si vous choisissez d’ouvrir ce livre, n’espérez pas y trouver des personnages bien campés et une histoire qui se tisse pour vous tirer vers une fin attendue avec fébrilité. Ici, tout n’est que calme et volupté… et j’ai plusieurs fois pensé à Baudelaire, particulièrement en lisant Sous les cerisiers.
Sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! Ainsi s’ouvre cette nouvelle, ainsi le narrateur explique-t-il la beauté qui jaillit si splendidement lorsque arrive la floraison. Trop de beauté peut parfois virer au mystère, Motojirô Kajii, d’un trait de calligraphe, tente d’en saisir le dessin. Comme Baudelaire, il pétrit la boue, en fait de l’or, et ses nouvelles ne peuvent qu’évoquer une poésie qui sent la myrrhe et la charogne. Une découverte qui donne envie de se lancer dans de nouvelles lectures de littérature japonaise !
J’intègre ce recueil dans le challenge de Nadael car plusieurs nouvelles se teintent fortement des couleurs des saisons. Particulièrement Jours d’hiver qui commence ainsi :

« C’était peu avant le solstice d’hiver. De sa fenêtre, Takashi voyait les arbres, dans les jardins et devant le seuil des maisons du terrain en contrebas, perdre leurs feuilles chaque jour davantage. Les sésames desséchés étaient devenus semblables aux cheveux emmêlés d’une vieille ; les dernières feuilles de cerisier, joliment brûlées par le givre, avaient disparu ; les ormes du Caucase, chaque fois qu’ils frissonnaient et bruissaient au vent, laissaient entrevoir la partie cachée du paysage. 
Les pies-grièches ne venaient plus à l’aube. Puis, un jour, quelques centaines d’étourneaux, couleur de plomb, se posèrent sur la rangée de chênes formant paravent et, dès lors, les gelées se firent de plus en plus fortes. »

http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-challenge-des-quatre-saisons-89043693.html


vendredi 18 mars 2011

L'île Panorama de Ranpo Edogawa

Ranpo Edogawa, de son vrai nom Tarô Hirai est le fondateur du roman policier au Japon. Son pseudonyme, anagramme d'Edgar Alan Poe, signifie “flânerie au bord du fleuve Edo”. Cet auteur, grand admirateur des auteurs de romans policiers occidentaux, s'est inspiré de Poe mais aussi de Maurice Leblanc et d'Arthur Conan Doyle. Son personnage principal est le détective Akechi Kogoro.

J'ai lu ces derniers jours l'un de ses romans, L'Île panorama (1927). C'est l'histoire d'un étudiant, passionné d'Edgar Poe, qui entreprend suite à une usurpation d'identité, la construction d'une île idéale conforme à son imagination. De la mystification initiale et criminelle naît un monde étrange, sorte de paradis sur terre qui pourrait bien se transformer en enfer. Tout l'intérêt du roman réside dans les visions de l'architecte démiurge qui puise dans ses fantasmes pour réaliser son monde idéal. Mise en scène de rêves qui tourne au cauchemar, débauche d'imagination au service de la beauté du diable… nous voilà en effet bien proches des auteurs dans la lignée d'Edgar Poe. Une belle découverte !
L'Île panorama