J'ai vu deux films très beaux en ce mois de décembre qui file lentement mais sûrement vers une nouvelle année... Tout d'abord, Polina, Danser sa vie de Valérie Müller et Angelin Preljocaj. Il s'agit de l'adaptation de la bande-dessinée de Bastien Vivès que j'avais chroniquée en 2012 ICI. Le bédéiste en question est également connu pour son petit opus sur la blogosphère dont j'avais également parlé ICI. La lecture de la bande-dessinée est un peu lointaine pour que je puisse évoquer la justesse de l'adaptation, et je suis allée voir le film surtout parce qu'il se déroule dans le milieu de la danse. Le film déroule la vie de la jeune Polina qui souhaite absolument devenir danseuse et intégrer la prestigieuse école du Bolchoï. On retrouve tous les "passages obligés" de ce genre de film : le professeur rude mais juste, les entraînements harassants, les moments de découragement... mais surtout, les moments de grâce. C'est pour ces derniers que je vous invite à aller voir Polina car en effet, elle "danse sa vie" et il y a des scènes de danse, hors scène, qui sont magnifiques. Des moments de beauté poétique qui donnent envie de danser jusqu'en 2017... et même après ! La belle Anastasia Shevtsova n'est pas étrangère à la douceur qui se dégage de l'ensemble et Juliette Binoche trouve ici un rôle qui lui va à merveille (mention spéciale pour elle !).

Pour revenir un peu à la littérature, vous pouvez aussi aller voir Paterson, le dernier film de Jim Jarmusch, véritable OVNI cinématographique. L'histoire est on ne peut plus simple : Paterson, trentenaire, vit à Paterson, dans le New Jersey. La ville, connue pour avoir hébergé de nombreux poètes, est en voix de déliquescence. Le jeune homme, chauffeur de bus, mène une existence très réglée à côté de Laura et de Marvin, chien très moche et très drôle (attention, ici, blog à chien). Tout cela pourrait sembler bien mièvre et bien morne s'il n'y avait l'écriture. Car Paterson, tous les jours, écrit des poèmes sur un carnet secret...
| Marvin |
Le film se déroule sur une semaine, ce qui permet d'insister sur les instants répétitifs de la vie du jeune couple. C'est également ce qui permet de montrer que la poésie de leur vie ne réside pas dans ce qu'ils font ou ce qu'ils possèdent mais bien dans leur manière d'aborder le monde, de le percevoir. Ainsi, durant les trajets répétitifs de Paterson, celui-ci repère toujours un instant de vie, des visages, un moment fugace qui viendra nourrir son écriture.
Je suis sortie du cinéma un peu partagée concernant ce film. En effet, s'il est très réussi d'un point de vue plastique (il y a de très beaux fondus enchaînés, de magnifiques superpositions d'images), il surjoue de certains poncifs. Le chien comme "miroir" par exemple. J'ai parfois eu l'impression que Jarmusch se regardait faire du Jarmusch. Enfin, il n'en reste pas moins que je ne me suis pas ennuyée du tout. Rythme lent, éloge de l'écriture et de la fantaisie : quoi de mieux pour aller vers 2017 ?
Une critique de Paterson : "La dispute" sur France Culture ICI.
Une critique de Paterson : "La dispute" sur France Culture ICI.






