vendredi 30 septembre 2011

Chez Maupassant - Contes & nouvelles


C'est avec enthousiasme que j'ai regardé ces huit épisodes de la série "Chez Maupassant" diffusée sur France 2 en 2007. Les réalisateurs sont variés (de Chabrol à Rouffio, en passant par Gérard Jourd'hui) mais les films sont tous de bonne tenue. N'ayant pas le temps de vous résumer les huit adaptations, je vais me limiter à mes trois préférées. En tête de liste, La Parure. La nouvelle de Maupassant parut d'abord dans Le Gaulois du 17 février 1884, puis fut publiée en feuilleton dans La Vie populaire en mai 1885, avant d'être intégrée au recueil Boule de Suif. La nouvelle nous raconte l'histoire du couple Loisel. Mathilde, la femme, mariée à un petit commis du ministère de l'Instruction publique, rêve de bals et de richesse. Cousine d'Emma Bovary, elle rêve d'une vie autre et se désespère de la modestie de son ménage. Un jour, son mari réussit à obtenir une invitation à une soirée organisée par le ministère. Comment Mathilde va-t-elle bien pouvoir s'habiller pour cet événement inattendu ? Vous l'avez compris, la parure de la dame sera au centre de l'intrigue... Parfaitement bien interprété, ce film se laisse regarder avec plaisir, même si j'ai trouvé l'ellipse finale intéressante d'un point de vue formel mais peu crédible. Il émane du texte une force que l'on ne retrouve pas ici malgré un beau travail de la part des acteurs.

Mathilde Loisel et son amie, Mme Forestier

En deuxième position, Deux Amis, film réalisé par Gérard Jourd'hui, avec Philippe Torreton, Bruno Putzulu et Tina Beker. Il s'agit de l'histoire de deux hommes qui, unis par leur passion de la pêche, fuient leur foyer occupé par un dragon en jupons. Paris étant encerclé par les Prussiens, il devient de plus en plus difficile de pouvoir s'adonner à leur loisir mais les deux hommes développent des stratégies nombreuses et variées afin de contourner les interdictions liées à la situation de guerre. Du plaisir de la pêche aux problèmes liés à la guerre franco-prussienne, le film nous brosse un portrait passionnant de l'époque. Les acteurs sont vraiment biens dans leurs rôles et la chute nous surprend, car on aurait bien continué un bout de chemin avec eux...


Enfin, pour finir, Histoire d'une fille de ferme, réalisé par Denis Malleval (à égalité avec Miss Harriet de Jacques Rouffio). J'aime beaucoup les histoires normandes de Maupassant. Si sa vision de la réalité paysanne est souvent teintée de noirceur et de cruauté, il s'en dégage aussi une force indéniable. La fille de ferme, c'est Rose, qui travaille pour maître Vallin. Poussée dans la paille par un valet, elle mène à bout une grossesse qu'elle cache à tous. Devenue mère, elle confie son enfant à une amie qui habite dans le village de son enfance. Alors qu'elle travaille de plus en plus dur afin de pourvoir aux besoins de son fils, le maître de la ferme lui propose de l'épouser au lieu de l'augmenter. Rose, honteuse de son statut de fille-mère, accepte sans savoir ce que l'avenir lui réserve...

Histoire d'une fille de ferme
Miss Harriet - Vidéo ICI
Ne vous privez pas de ce coffret ! Les autres doivent être de même qualité... Le troisième vient de sortir, et j'ai bien l'intention de me le procurer (on y trouve l'adaptation de Boule de Suif). Idem pour le premier... Costumes, bons acteurs, les thèmes chers à Maupassant en images, des drames, des passions : enfin... du cinéma  comme j'aime ! 

Challenge organisé par Lou et Maggie

mercredi 28 septembre 2011

le Signe de la Lune de Bonet & Munuera


Voilà bien longtemps que je n'avais pris autant de plaisir à lire une bande dessinée ! Un vrai moment de bonheur ! Et en plus, j'ai terminé ma lecture avec joie puisque je n'ai pas à attendre une hypothétique suite en 39 épisodes... Tout d'abord, il y a l'introduction par Alex Romero qui commence comme ça : 
"Quelqu'un a créé la forêt pour que les enfants s'y perdent.
Appelons-le Dieu. Appelons-le Grimm le bicéphale.
Il l'a semée d'arbres noueux, irriguée de rivières dont les eaux donnent la vie et la mort, et enveloppée d'un voile de brouillard. Ensuite, il a suspendu au-dessus des arbres la lune et l'étoile Polaire, car il fallait que les enfants se perdent, mais pas complètement.
Puis il a lâché les loups. (...)"
Alors ? Après ça, vous entrez dans la forêt ? Moi, je cours...

 

Le récit, encadré, nous est conté par une vieille femme qui, un jour de grand vent, raconte pourquoi elle porte, tatoué sur son front, une lune... Alors que sa mémoire retourne en arrière, nous partons avec elle à Aldea, une région étrange et isolée, tout droit sortie de temps immémoriaux. Le lieu abrite un village et une immense forêt, terrain de jeux d'Artémis et de son petit frère, mais aussi des autres enfants du village. Dans le cadre des jeux d'enfants, un drame va advenir, qui va transformer la vie de tous...

  
Servie par un très beau dessin en noir et blanc, cette bande dessinée nous propose un voyage en terre imaginaire à la lisière entre fantastique et merveilleux. Baignée de références aux contes, l'histoire nous transporte immédiatement dans le monde de l'enfance, où les monstres existent un peu, beaucoup, à la folie, et rarement pas du tout. Dans ce monde, les animaux parlent à ceux qui savent les écouter. Ici, il s'agit de Brindille, petit garçon amoureux d'Artémis, la belle convoitée par Rufo, le méchant de la bande. Dans ce monde, seules les décoctions à base de limaces peuvent soigner les plaies et les bosses. Dans ce monde aussi, la lune possède l'étranges pouvoirs, comme celui de réveiller le joueur de flûte envoûteur d'enfants... Enfin, de ce monde, le lecteur devient vite le prisonnier volontaire... Magie, poésie, délicatesses et cruautés de l'enfance, savant mélange associé à un dessin tout en douceur, malgré la noirceur qui affleure. Un véritable coup de coeur !

Vous pouvez aussi lire les avis de Noukette et de Choco...


lundi 26 septembre 2011

C’est lundi, que lisons-nous ? (16)

Rendez-vous initié par Mallou et repris par Galleane
Lu durant la semaine du 19 au 26 septembre
- le Signe de la Lune de Bonet & Munuera


- Pleine lune de Chabouté

Mes lectures en cours
L'aimer ou le fuir de Delphine de Malherbe (très très bien, billet à suivre) et toujours Maupassant...

Ce que je vais lire cette semaine…
Le dernier numéro du Magazine littéraire consacré à Maupassant !!! Qu'il arrive : viiiiiiiiiiite !

Et vous, que lisez-vous ????

dimanche 25 septembre 2011

Dimanches en photo (23) - Envie de vagues...



Les vacances semblent déjà si loin... et la mer aussi ! Il va être temps pour moi de retrouver les vagues... Très bon dimanche à tous :-) 

Les dimanches en photo sont  organisé par Liyah.

samedi 24 septembre 2011

Un outil révolutionnaire !


Vidéo visionnée chez Nina que je m'empresse de diffuser tant je la trouve débordante d'humour !...

jeudi 22 septembre 2011

Le juste milieu d'Annabel Lyon



Vous avez peut-être remarqué que le rythme de publication des billets sur ce blog connaît une baisse certaine ces derniers temps, idem pour la fréquentation de vos blogs par dame Margotte. J'ai déjà évoqué ici un changement professionnel qui induit un temps disponible fort réduit, et cela risque de durer un peu... Complètement débordée en ce moment, j'ai confié à Mlle Margotte le soin de rédiger le billet à propos du livre présenté ci-dessus. 

Présentation de l'éditeur :

Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d’arrogance. Lorsqu’en 342 avant Jésus-Christ, le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s’établit est aussi singulière et enrichissante pour l’un que pour l’autre. Par ses démonstrations très concrètes sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son jeune élève la notion de « juste milieu », point d’équilibre entre deux extrêmes, si difficile à atteindre. De son côté, le fougueux Alexandre, qui désire déjà ardemment « ouvrir la gueule pour avaler le monde entier », offre des perspectives au maître peu aventureux que son père lui a choisi.
Des cahutes enfumées aux chambres du palais, Annabel Lyon lève le voile sur deux hommes illustres dont l’admiration réciproque et l’intelligence ont transformé le monde. Au fil de dialogues incisifs et souvent très crus, elle explore avec finesse et jubilation des thèmes aussi universels que la transmission du savoir, les rapports filiaux, les conflits de génération, les jeux de pouvoir.

Annebel Lyon
Critique :

Un roman qui nous plonge dans l'Antiquité, une fiction qui prend l'initiative de donner une figure humaine à deux grands noms de notre histoire. Annabel Lyon nous raconte Aristote. Cependant, ce n'est ni à travers ses écrits, ni à travers une énième biographie de celui que l'on connaît. À l'inverse elle nous dépeint un philosophe alors plus fragile, qui resta en Macédoine à la demande de Philippe. Celui qui enseigna à Alexandre, futur Grand, mais encore jeune, pleins des questionnements et des doutes de l'adolescence. L'écriture simple et agréable à suivre nous guide à travers les errances de ces personnages. La réussite de ce roman tient sans doute à cette humanité forte qui se dégage des personnages, alors bien loin des figures guindées que nous donnent historiens et médias.

Cependant je n'ai pas aimé cet ouvrage, l'idée me plait mais il m'a ennuyé, et le côté trivial, que la toile encense, m'a agacé. Je suis peut-être conservatrice, le fait d'étudier l'histoire m'a peut être corrompue, où alors je n'ai pas la maturité littéraire nécessaire pour savourer ces pages. Mais je n'ai pas réussi à le finir car malgré tout, il manque de rythme et reste lent, très lent. Il y manque, pour moi, la petite touche essentielle au bon roman, le « je ne sais quoi » qui nous transporte jusqu'au milieu de la nuit au moment où le livre enfin achevé nous tombe des mains, au moment où, épuisé mais heureux, on peut enfin s'endormir.



lundi 19 septembre 2011

C’est lundi, que lisons-nous ? (15)

Rendez-vous initié par Mallou et repris par Galleane
Lu durant la semaine du 12 au 18 septembre

Seulement Mygale de Thierry Jonquet...


Mes lectures en cours
Les contes de la Bécasse et Sur l'eau de Maupassant

Ce que je vais lire cette semaine…
Le Juste milieu d'Annabel Lyon (lecture en retard...)

Et vous, que lisez-vous ????

jeudi 15 septembre 2011

Maupassant, le clandestin d'Olivier Frébourg


Entré en littérature grâce à Maupassant, Olivier Frébourg nous présente ce livre, dans son avant-propos, comme "le récit d'une vie de garçon, un voyage de noces avec la littérature". Un voyage de noces en deux parties, durant lesquelles on ne s'ennuie pas une seconde, et qui donne une envie folle de se replonger dans les écrits du "clandestin".
Tout commence au château de Miromesnil où l'écrivain naît un lundi, le 5 août 1850, à 8 heures du matin. Au même moment, Flaubert voyage avec Du Camp, entre Beyrouth et Jérusalem. Le futur nouvelliste grandit auprès d'une mère qui souffre de la maladie de Basedow, ce qui lui donne un regard et des yeux exorbités. "Où Guy de Maupassant a-t-il vu la mer pour la première fois ? A Dieppe ? Fécamp ? Etretat ? Elle sera son énergie, sa vieille maîtresse. Plus tard l'eau, sa douleur. Maupassant n'est pas un écrivain cauchois mais un écrivain maritime. Jamais il ne quitta le littoral des yeux. Normandie, Bretagne, Midi, il dégagera vers le grand bleu. Il a besoin de cette hydrothérapie."

Monet - Impression soleil levant

Son père était peintre et les rencontres avec Corot et Courbet vont marquer son regard d'écrivain. Après la mer et les belles années d'Etretat, Maupassant part à Yvetot, dans le pays de Caux, où il passera quatre ans chez les curés. Il y participera à une société secrète baptisée "L'Oasis", phalanstère dédié au plaisir et contre l'ennui qui marque ses années d'internat. C'est à dix-sept ans qu'il rencontre Flaubert, âgé de quarante-six ans en 1867. En 1869, il est reçu bachelier ès-lettres. Il s'inscrit alors en faculté de droit à Paris, et alors qu'éclate la guerre, il tente d'échapper à l'armée qui lui rappelle trop le séminaire. Il fera toutefois treize mois d'armée qui vont alimenter ses contes et nouvelles (lire Deux amis par exemple). 
Il travaille pour le ministère de la marine lorsque, en 1876, le diagnostic de syphilis est posé. "J'ai la grande vérole, enfin, la vraie, par la misérable chaude-pisse, pas l'ecclésiastique christalline, pas les bourgeoises crêtes de coq, les légumineux choux-fleurs, non, non la grande vérole, celle dont est mort François Ier. Et j'en suis fier, malheur, et je méprise par-dessus tout les bourgeois. Alléluia, j'ai la vérole, par conséquent, je n'ai plus peur de l'attraper." (lettre à Robert Pinchon).


En 1875, tous les dimanches, il est invité chez Flaubert alors que ses samedis sont dédiés au canotage. Il perd son mentor à trente ans, et à partir de là, gagne sa vie grâce à ses chroniques publiées pour le Gaulois. Il part ensuite dans le Sud. Ses dix années d'errance et de voyages sont racontées dans La vie errante. Il finira sa vie dément, délirant, et sous camisole. Un comble pour cet amoureux de l'eau, et de la sensation enivrante de liberté procurée par la vie en mer...


mercredi 14 septembre 2011

Showman killer de Jodorowsky et Fructus


Je dispose de peu de temps ce soir pour vous parler de cet opus de Jodorowsky et Fructus, mais je vais essayer d'aller à l'essentiel. Avec le scénario de cette nouvelle série, Jodorowsky nous propose une réécriture du mythe de Franckenstein, version science-fiction dingue et gore. Dans le prologue, un savant fou, le docteur Courcolain, débarque avec son ornitoptère sur "Halkatrass, planète-prison du système Mounéa". Il va récupérer le sperme de l'horrible "mange-boyaux", incarcéré pour une raison que vous devinez... Dans son laboratoire secret, il va ensuite inséminer Orlanda, pauvre femme vivant reliée à une série de tuyaux, et ne servant que de ventre. Elle va mettre au monde un enfant que le docteur va conditionner : il s'agit d'en faire un super-assassin, dénué de tous sentiments, mais affublé de supers pouvoirs !


J'ai trouvé le scénario de cette nouvelle histoire de Jodorowsky un peu facile. Si l'exagération, parfois, peut amuser, ici, cela finit par irriter. L'abus des scènes sanguinolentes m'a parfois donné envie de refermer la BD. De plus, le dessin est loin d'être précis et les couleurs semblent parfois brouillonnes. Gimenez était prévu au dessin mais après sa collaboration à la caste des métabarons, il a préféré faire cavalier seul, Fructus a donc pris le relais. La série prévoit trois tomes et le deuxième est prévu pour cette année. Je ne pense pas aller l'acheter... mais il est vrai que la fin, que je ne vais pas dévoiler bien sûr, donne envie d'en savoir plus. J'attendrai donc son arrivée à la bibliothèque !