Affichage des articles dont le libellé est Pages virvoltantes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pages virvoltantes. Afficher tous les articles

jeudi 26 octobre 2017

Rubrique à vrac, avec du Joyce Carol Oates dedans...


Je vais peut-être vous faire une fausse joie, mais ce billet ne se destine absolument pas à la critique d'une bonne vieille BD de ce cher Gotlib... Il s'agit tout simplement d'un billet de rattrapage qui vise à évoquer mes dernière lectures avec, en plus de JC Oates, les livres lus durant le RAT maléfique du week-end dernier !
Si vous le voulez bien, je vais aller dans l'ordre afin de m'y retrouver car le propre du vrac, c'est qu'on s'y perd un peu...

1. La Malédiction des Rowans de Mike Carey, Mike Perkins et Andy Troy 


Résultat de recherche d'images pour "LA MALEDICTION DE ROWANS COMICS"
 C'est le livre qui m'a permis d'ouvrir le bal le week-end dernier. Voilà un comic horrifique qui, grâce à sa première de couverture, m'a évoqué Amityville. Et en effet, il s'agit bien de l'histoire d'une maison hantée. Mais ce qui m'a amusée, c'est surtout que l'histoire se déroule sur fond d'échange de maisons. Vous savez l'idée sympathique d'échanger son lieu de vie avec des inconnus... Et bien ici, l'échange va rapidement assez mal tourner. Je n'ai pas été conquise par les dessins que j'ai trouvé parfois un peu grossiers (c'est assez souvent le cas dans les comics) mais le scénario rattrapait bien l'affaire. Autre point positif : l'utilisation des dialogues issus des échanges sur les réseaux sociaux. Enfin, mention spéciale à la galerie d'illustrations proposée à la fin de l'ouvrage.

2. Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri et Suréquipée de Grégoire Courtois


Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri est un roman de fantasie, à mi-chemin entre le conte et le fantastique. L'auteure a su créer une ambiance très particulière dans laquelle on trouve : une pincée de Harry Potter, un peu des Contes de Perrault, et beaucoup d'Alice au Pays des merveilles. Le tout s'avère totalement fantasque ! Si l'on s'y perd un peu, j'avoue que l'ensemble passe bien et que si l'on accepte de se plonger dans l'univers très animé de ce roman, on passe un bon moment, entre chats bizarres et toiles étranges pour capturer les fantômes...
Suréquipée de Grégoire Courtois nous plonge dans un monde tout à fait différent. Nous voilà ici en pleine science-fiction. Le Docteur Fransen a créé une voiture 100 % organique. Or, son dernier propriétaire, Antoine Donnat, a disparu. Les rapports d'enregistrement de la voiture nommée la "BlackJag" vont nous permettre de découvrir l'origine de cette disparition. Un excellent roman de SF, centré sur les rapports de l'homme à sa voiture.

3. Joyce Carole Oates (ou comment garder le meilleur pour la fin...)


Plusieurs livres de JC Oates sont sortis ce mois-ci. Deux viennent de paraître aux éditions Philippe Rey en grand format :  Paysage perdu et La Princesse Maïs et autres cauchemars. Chez le même éditeur, sorti en poche, La foi d'un écrivain. Sacrifice vient de sortir en poche aussi, chez Points. Et enfin, pour couronner le tout, les Cahiers de l'Herne viennent de sortir un opus consacré à la romancière américaine... Je n'ai pas encore tout lu et me contenterai aujourd'hui de vous parler de deux de ces ouvrages.
 Résultat de recherche d'images pour "la foi d'un écrivain jc oates"Résultat de recherche d'images pour "paysage perdu jc oates"
J'ai tout d'abord lu La foi d'un écrivain. C'est un court essai dans lequel Joyce Carole Oates s'interroge sur l'alchimie qui mène à la création littéraire. Dans une série de 13 articles pour la plupart sortis initialement dans des revues, elle questionne le statut d'écrivain. J'ai particulièrement aimé l'article intitulé "Lire en écrivant", mais aussi le dernier où elle analyse la distance qu'elle prend avec "JC Oates". Cet essai s'avère une excellente introduction au très beau récit Paysage perdu. Elle propose ici un livre autobiographique où l'on découvre de nombreux éléments de sa vie passée : son enfance dans une ferme à l'ouest de l'Etat de New York, ses parents (Fred et Carolina), ses amis, etc. C'est un livre émouvant, à la fois intime et réservé. Elle parle de manière très délicate de ses parents ou de sa sœur handicapée qui lui ressemble étrangement. Je crois que c'est ce qui m'a le plus touchée dans ce récit. Alors que la romancière compose parfois des romans à la noirceur troublante, elle fait montre ici d'une grande sensibilité, sensibilité qui explique sans doute sa capacité faire preuve d'empathie. L'ensemble brosse également le portrait d'un "paysage perdu", celui de son passé tout autant que celui de l'Amérique pauvre et rurale des années 50. Pour tous les inconditionnels de l'auteure (et pour les autres aussi) : à lire absolument !

lundi 19 juin 2017

Danser de Astrid Eliard


Résultat de recherche d'images pour "danser astrid eliard folio"


        Ils sont trois. Trois petits rats de l’Opéra de Paris a avoir été sélectionnés par l’école de danse de Paris : Chine, Delphine et Stéphane. Et Astrid Eliard nous fait entrer dans leur demi-pointes pour nous faire découvrir leurs premiers entrechats. Et ce qui pourrait être un énième témoignage de la vie d’une jeune fille en justaucorps, entre stress et demi-pliés, se transforme en un livre à la fois gracieux et drôle.

   L’alternance des voix narratives n’y est pas étrangère. En effet, nous suivons successivement les trois personnages et découvrons à la fois leur vie passée, leurs espérances et leurs émois d’adolescent(e)s. Chine a treize ans lorsqu’elle entre à l’école. Avec son mètre cinquante-quatre et ses trente-huit kilos, on ne lui donne pas douze ans. Jeune fille timide et réservée, elle est heureuse d’avoir fuit la vie collective et ennuyeuse du collège. Quant à l’internat, il lui permet d’échapper à une mère immature. C’est avec elle que nous découvrons le ton souvent humoristique du livre :

« Il y a bien eu un ou deux garçons qui ont essayé [de frotter leur langue sur la sienne…], mais ils sentaient trop fort le déodorant ou avaient des dents de cheval. Au moins, Sanders m’a fait comprendre l’immense fossé qui me séparait des autres, ceux qui embrassent, celles qui se maquillent dans les toilettes, celles qui ont des seins. Mois j’ai deux timides renflements à la place. Tu me diras, les filles à poitrine, ici, on ne les prend pas. Il y a une attitude, un corps à avoir pour danser, un corps pas très émancipé, aux muscles longs, minces, qui disparaît totalement sous les jeans et baskets quotidiens, et ce corps, c’est le mien. »

   Stéphane, lui, est le cinquième garçon d’une famille très organisée qui va se trouver fort embarrassée avec ce nouvel enfant lorsque celui-ci se révèlera plus que turbulent. La danse sera tout autant une manière de le sauver de son « mauvais caractère » qu’une manière de le révéler. C’est en regardant un documentaire sur Nicolas Le Riche, danseur étoile, qu’il sera subjugué :

« Le lendemain, dans le jardin, j’ai essayé de faire pareil. Je courais pour prendre de l’élan et faisais des tours, des grands écarts en l’air. J’ai passé une heure comme ça, à sauter et bondir, en repassant dans ma tête les images du documentaire. »


   Delphine, elle, est la fille unique et adorée d’un couple qui a bien du mal à la voir partir de la demeure familiale. Elle sera celle qui loupe des cours pour aller manger du Maalox, prise de crampes et d’aigreurs d’estomac face à la pression des cours mais aussi face à l’éloignement familial qui lui est imposé. Sans compter qu’elle a laissé son chien Capuche, un golden retriever affectueux. Plutôt extravertie, elle va se retrouver dans le même « box » que Chine et une amitié ne va pas tarder à naître entre les deux jeunes danseuses.

   Une lecture très agréable, que je conseillerai vivement aux adolescents, mais aux grands aussi ! Pas de considérations mièvres, juste un portrait de trois jeunes gens dans un moment phare de leur existence puisque de ces premières années dans l’école dépend leur avenir professionnel. Des passages très drôles, ce qui ne gâche rien, et aussi, une grande tendresse portée sur ses personnages auxquels l’on s’attache très vite. Un livre dévoré en deux jours, qui fait rêver sauts-de-chat et dégagés-demi-plié-révérence, le tout en tutu bien sûr…