Etrange impression à la fermeture de ce livre… L’impression de sortir d’un songe rempli d’images orientales. Car ce roman, finalement, n’est-il pas construit comme un rêve, mosaïque d’éléments épars qui compose un tout lumineux et précieux ?
Dois-je évoquer l’intrigue ? Elle a déjà été longuement commentée sur la blogosphère… Michel Ange, déçu par le Pape Jules II, décide de répondre favorablement au sultan Bayazid qui le mande dans la belle Constantinople. Celui-ci veut lui faire réaliser les plans d’un pont qui permettrait de relier les deux rives de la Corne d’Or. Michel Ange part, mais sur place, l’inspiration ne vient pas, pas plus que les sommes promises par le sultan. L’inspiration défaillante, c’est dans les tavernes cosmopolites de la ville que l'artiste la trouvera, dans les songes d'un Orient qui toujours lui échappe. Lettres, rêves et chapitres narratifs s’entrecroisent ici comme les cultures dans l’ancienne Constantinople. Le temps, comme dans les songes, devient décousu. Seules les images orientales restent : celle d’une femme nue aux cinq bracelets qui teintent, celle des poignards ouvragés et recourbés… celles d’un beau mirage oriental. Dois-je vous préciser que j’ai été conquise ?
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| Michel Ange, détail |
« A voguer ainsi sur les eaux calmes du Bosphore, Michel-Ange se rappelle la traversée qui sépare Mestre de Venise, où il s’est rendu dans sa jeunesse ; il n’est pas étonnant qu’il y ait tant de Vénitiens ici, songe-t-il. Cette ville ressemble à la Sérénissime, mais dans des proportions fabuleuses, où tout serait multiplié par cent. Une Venise envahie par les sept collines et la puissance de Rome. »


























autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit ; « Ça sent la chienne. » Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train. C'était bien avant qu'ils n'en parlent à la télévision, bien avant que les culs blancs ne nous disent à nous, vieilles négresses fatiguées, comment nous devions agir. ».
d'un partenariat entre 


Gaîté-Rochechouart, appelé l'Empyrée-Clichy dans le texte. Divisé en trois parties semblables à des actes au théâtre, le récit propose une variation sur la solitude, thème omniprésent dans la première partie et qui fait retour dans la dernière. 
village, loin des hommes, avec pour seul abri une cabane. Hesior, le magicien, Zeppo le clown et Nabaltar le soigneur de fauves partagent un amour commun, celui qu'il portaient à Mina la trapéziste. Celle-ci aujourd'hui morte, le cirque ne veut plus s'encombrer de ces trois vieillards remplis de souvenirs. Ce passé qui les unit va les amener à fabriquer d'étranges reliques…
particulièrement bien tombée pour cette lecture de La Naissance du jour. La voix de Michèle Morgan s'adapte parfaitement à ce récit de la maturité de la romancière. Le texte date de 1928, Colette a alors 55 ans. Dans la période qui s'étend de 1925 à 1939, elle continue ses activités de journaliste tout en publiant de nombreux ouvrages. 
